LIBERO

Association Française de Linguistique Ibéroromane



Université de Rennes 2
EA 2613 ERIMIT/ LIRA

 

XIIe Colloque de Linguistique Ibéro-romane

"Vues et contrevues"

(Rennes 2, mercredi 24, jeudi 25, vendredi 26 septembre 2008)


Résumés des communications
 (juillet 2008)


Les interventions sont présentées par ordre alphabétique d'auteur.
N.B. : il manque encore (12 juillet) quelques résumés.



BAZENGA, Aline (Madère, Portugal)
À propos de l'énoncé oral Tem mas não há : vues sur la variation de haver et ter en portugais européen et dans l'espace lusophone.

Los enunciados orales en los cuales se observan usos "no normativos" de haber y tener,  muy frecuentes en el portugués hablado en Timor (del tipo tem mas não há (tiene pero no hay> hay pero no tengo), constituyen  el punto de partida para una reflexión sobre la variación de los usos de estos predicados en construcciones existenciales y de posesión, en el portugués hablado, no solo en la Península Ibérica o el portugués europeo (PE), si no también en el espacio lusófono, el portugués brasileño (PB) y el portugués de África y Timor.
     Nuestra contribución desarrollará tres aspectos: (i) en el plano diacrónico, aportaremos algunos datos sobre los cambios ocurridos en la semántica y la sintaxis de los verbos haber y tener en el PE; (ii) el enfoque vendrá dado por las divergencias de usos  del PE y del PB actualmente y, por último, (iii) formularemos la hipótesis de que el enunciado arriba referido, de manera distinta de lo observado en (ii), constituye un producto híbrido resultante del contacto lingüístico. En este punto, aportaremos otros datos del Corpus África del CLUL (Centro de Lingüística da Universidade de Lisboa).

BENARROCH, Myriam (Paris 4)
Les "gallicismes" et "francismes" du portugais dans le Novo Dicionário Aurélio da Língua Portuguesa.

Le Novo Dicionário Aurélio da Língua Portuguesa (Curitiba, Positivo, 2004), dans sa version électronique, comporte "435 mille entrées, locutions et définitions" (cf. "Introduction"). Il permet de faire des recherches en plein texte dans le corps des articles. Il est ainsi possible d'identifier la langue d’origine des lemmes de la nomenclature grâce à l'abréviation la désignant. Nous nous intéresserons aux emprunts que le portugais du Brésil a fait au français. Ces emprunts sont étiquetés de deux manières distinctes "gal." et "fr.". Les premiers, des "gallicismes" sont considérés comme moins bien intégrés dans la langue, autrement dit, ce sont des xénismes. Nous en avons répertorié 69. Ce nombre est infime par rapport au second type d'emprunts, les francismes, véritables emprunts, bien intégrés, qui représentent 3436 occurrences. Nous nous proposons de mettre à l'épreuve ces deux étiquetages en effectuant des recherches croisées avec d'autres dictionnaires ainsi qu'avec un corpus électronique de textes portugais et brésiliens. Nous étudierons à cette occasion le processus d'intégration des emprunts au français dans le portugais du Brésil et nous nous interrogerons sur la spécificité des gallicismes et francismes brésiliens par rapport à ceux du portugais européen.

BLESTEL, Elodie (doctorante Rennes 2)
Aspects morphosyntaxiques de la variété dialectale de l'espagnol du Paraguay.

Même si l'espagnol du Paraguay présente certaines caractéristiques de l'espagnol du Río de la Plata, sa morphosyntaxe n'en reste pas moins fortement imprégnée d'interférences du guarani, deuxième langue officielle du pays depuis 1992. Ces interférences apparaissent sous forme d'emprunts (morphèmes guaranis incorporés à l'espagnol) ou bien de calques qui font de l'espagnol du Paraguay une variété dialectale singulière parmi les autres modalités de l'espagnol américain.   

BOTTINEAU, Didier (Paris 10-CNRS)
La submorphologie grammaticale en espagnol et la théorie des cognèmes.

Dans les morphèmes grammaticaux de la langue espagnole, il se présente localement des faits de cohérence submorphologique interprétables en termes sémantiques : l'alternance i/a dans les couples d'adverbes spatiaux, les voyelles d'infinitif, certaines alternances consonantiques dans les systèmes de détermination, quantification et deixis, divers systèmes flexionnels verbaux (mode, temps, personne, aspect et modalité), les auxiliaires, certaines prépositions, la négation entre autres. Certains de ces microsystèmes ont été signalés (l'hypothèse du formant un / no). On se propose ici de présenter l'application à l'espagnol de la théorie des cognèmes, selon laquelle les systèmes morphologiques des langues naturelles présentent une tendence à s'auto-organiser en constituant des opérateurs formés de combinaisons phonémiques et/ou graphémiques à valeur de complexes submorphémiques : le marqueur dans son ensemble porte la trace d'une série de processus cognitifs fondamentaux, les cognèmes, opérations de corrélations sémantiques modélisables en termes d'association, dissociation, projection, rupture, anticipation, actualisation, clôture etc. mis en œuvre dans la formation du sens.
     L'objectif est de présenter la représentativité du modèle dans les microsystèmes grammaticaux de l'espagnol, non pas que toute la grammaire fonctionne ainsi, loin de là, mais que l'on repère effectivement divers microsystèmes cruciaux organisés en ces termes. On précisera que cette dynamique est largement répandue dans les langues naturelles, romanes ou non ; sur le territoire espagnol et français, le basque aussi fait montre de ce dispositif.
     Il s'agira également de préciser le statut épistémologique du modèle. On n'imagine pas une " palette phonémique " à caractère phonomimétique de type cratylien. En revanche, on précisera la relation de la cognématique à plusieurs paradigmes actuels : la théorie de l'autopoïèse et de l'enaction (Maturana / Varela), la cognition distribuée et le débat internalisme / externalisme, les faits d'intersubjectivité et de cognition concertée. On considère l'acte de langage comme une procédure vocale, donc sensori-motrice et corporelle, qui permet la conduite de l'émergence du sens à la pensée consciente sous la forme discourue de l'idée. Ceci est valable pour autrui (communication) comme pour soi-même (pensée réflexive). L'ordre des mots et des syntagmes est la séquence d'opérations réalisées à cette fin dans un type de langue donnée ; le lexique est l'ensemble des opérateurs vocaux de récupération de prototypes notionnels (y compris leur associativité : théorie guillaumienne de l'incidence ; stéréotypes d'Anscombre) ; les grammèmes signifient les classes de profils connectifs permettant leur mise en réseau en vue de la constitution d'une scène mentale, ou représentation (au sens théâtral du terme) ; et l'hypothèse des cognèmes dit que ces grammèmes portent des sous-marques vocales correspondant à des sub-actions cognitives (les cognèmes) participant à la valeur opératoire du grammème (son signifié de puissance, mais dans une perspective interprétative).

     On évoquera les conditions historiques d'émergence de ce dispositif morpho-cognitif (théorie sémio-génétique) et on s'interrogera sur la plausibilité de sa formation par un enfant en instance d'acquisition langagière, sachant que l'on ne compte pas sur un déterminisme biologique ou cognitif à caractère innéiste pour en motiver le développement.

CAMPRUBI, Michel (Toulouse)
Syntaxe de la modalité (diachronie et synchronie).

Nous avons proposé naguère une analyse syntaxique de l'expression modale espagnole tener que (in Études fonctionnelles de grammaire espagnole). Mais se pose la question de l'origine dans la langue de cette expression, de sa formation, de son évolution. Avec quelques exemples d'auteurs de diverses époques, à travers un raisonnement syntaxique (et sémantique), nous tentons d'établir la nature exacte de la transformation que nous proposons pour l'expliquer.

CASTILLO LLUCH, Mónica (IUFM d'Alsace)
De la variación al cambio lingüístico en las Flores de Derecho de Jacobo de Junta.

L'édition juxtalinéaire des dix-huit versions castillanes des Flores de Derecho de Jacobo de Junta realisée par Jean Roudil ("Annexes des Cahiers de Linguistique Hispanique Médiévale", vol. 13, t. I, vol. 2-5) permet une lecture verticale, paradigmatique du texte, montrant clairement la variation existante entre les dix-huit actes d'écriture sur les différents plans linguistiques : graphique (et par déduction phonétique et phonologique), morphologique, syntaxique et lexical. Le but de mon étude sera d'analyser la variation que présentent certains phénomènes comme manifestation d'un changement linguistique en puissance.

DELBECQUE, Nicole (K.U. Leuven, Belgique)
La variable expresión del agente en las construcciones pasivas.

Mi hipótesis es que la pasiva no se caracteriza sólo por la inversión de la perspectiva, combinada con la opción de (des)focalizar el agente, sino que permite modular la configuración de los papeles semánticos de una manera más sutil y variada que la voz activa.
     En las construcciones pasivas la modulación de la relación entre el participante sujeto, que se encuentra "río abajo" en la cadena de actividad, y uno o más participantes situados más arriba, expresado(s) mediante un oblicuo, es función de dos parámetros semánticos, a saber: continuidad / discontinuidad, por un lado, y sustancialidad / circunstancialidad, por otro. Significa que la relación entre agente y paciente, causa y efecto, afectante y afectado, etc., se perfila esencialmente según dos dimensiones interpretativas. La selección del complemento oblicuo es función de cómo se combinen estos dos ejes: con por la intervención de la entidad denotada se concibe como "condicionamiento", con de como "(des)encargo"; en cambio, con la hace aparecer como "modalización", y en como "anclaje"
.


DELPORT, Marie-France (Paris 4)
 "Contes et légendes du pays des déictiques"

Que l'on travaille d'un côté des Pyrénées ou de l'autre, qu'on se mêle d'observer les déictiques espagnols, italiens ou latins, de tous côtés fleurissent les légendes, vivaces, résistantes, envahissantes. Dans cette communication on tentera d'expliquer les raisons de cette fertilité et de montrer la nocivité de ces légendes. On proposera de leur substituer une analyse plus rigoureuse, en même temps que plus simple, et dont on pense qu'elle permet de comprendre tous les fonctionnements discursifs de ces formes grammaticales. L'épreuve que constituera un corpus réel d'exemples devrait le montrer.

FORTINEAU, Chrystelle (Nantes)
Comment traduire la créolité. Remarques sur la traduction en espagnol de Texaco de Patrick Chamoiseau.

La problématique identitaire et ses retombées linguistiques sont au cœur de Texaco, de Patrick Chamoiseau, roman qui peut apparaître comme une tentative de résoudre "ce drame des langues : entre langue créole et langue française", qui fut, selon les mots mêmes de l'auteur, "[s]a prime douleur". Texaco parvient à opérer une sorte d'équilibre relationnel entre français et créole par des moyens multiples, comme l'utilisation de structures répétitives, caractéristiques du discours créole oral, la juxtaposition de propositions extrêmement brèves, pour accélérer considérablement le rythme, selon le modèle du créole qui "organise la phrase en rafale", l'insertion de phrases entières en créole, le recours à des mots proprement créoles greffés dans des phrases en français, etc.
     On s'intéressera à la façon dont ce multilinguisme, qui définit la créolité, est transposé dans la traduction en espagnol de ce roman. En effet, l'absence de créole à base espagnole interdisant toute traduction qui soit une adaptation, d'autres ressources doivent être exploitées. On étudiera donc les divers procédés mis en œuvre par la traductrice, Emma Calatayud, pour rendre la "diversalité" linguistique du texte de départ.

   
FOURNET Sonia (Limoges)
Qui va à la chasse à l'argumentation…

Les spécialistes de l'argumentation présument généralement qu'en tant que principe général un proverbe permet le passage d'un argument à sa conclusion au sein d'un processus argumentatif. Comment ? Pour répondre à cette interrogation, nous élaborerons, dans un premier temps notre propre définition de l'argumentation en nous appuyant sur les travaux de Grize et de Perelman en logique naturelle. Nous nous inspirerons également de la Théorie de l'argumentation dans la langue de la pragmatique intégrée mais arriverons à des résultats différents voire divergents, qui permettront d'inaugurer une lecture du fonctionnement des proverbes à l'intérieur du mécanisme argumentatif.

FRÉTEL, Hélène (Dijon)
Le suffixe diminutif : un marqueur d'appropriation du signifiant.

La dérivation diminutive est un signe d'hispanité, mais également de régionalisme, dont le sens premier est peut-être celui de laisser cours à la fantaisie créatrice du locuteur qui s'approprie un signifiant pour le charger si besoin d'un signifié particulier, en contexte. L'énonciateur choisit à l'aide d'un suffixe de mettre en lumière un vocable, dont il détourne la signification. Pour l'interprétant, la suffixation est alors le signal d'un investissement du locuteur qu'il lui faut analyser comme un supplément de signification.
     Notre propos consistera à nous interroger sur les problèmes d'encodage et de décodage liés aux diminutifs espagnols, sur les mots-base touchés par ce phénomène (comment des mots par nature invariables voient-ils leur signifiant modifié ? pourquoi certains vocables semblent-ils refuser la transformation ? pourquoi une structure déjà suffixée peut-elle être de nouveau modifiée et dans quel but ?...) L'étude portera sur des emplois en contexte de l'espagnol péninsulaire et d'Amérique.

GARCÍA DE LUCAS, César (Paris 10)
Interjecciones populares en imperativo.

Le langage oral utilise parfois des expressions qui passent très difficilement à l'écrit ; parmi ces expressions nous étudierons quelques interjections espagnoles et leur histoire évolutive.

GASPAR GARCÍA, Elena (doctorante Rouen)
L'expression du passé dans l'imparfait narratif espagnol et le pretérito perfecto simple. L'interaction de l'aspect verbal et l'aspect lexical.

Dans ce travail nous proposons une analyse de l'imparfait narratif espagnol, des différences et similitudes de l'emploi ce temps  avec le pretérito perfecto simple, aussi bien sur le plan grammatical que sémantique. Nous aborderons ainsi, deux façons d'exprimer le passé et l'interaction de l'aspect verbal de l'imparfait et l'aspect lexical du prédicat conjugué à l'une de ces deux formes du passé afin de déterminer quel est le rôle de l'aspect dans la possible commutation de ces deux formes.

GRACIA BARRÓN, Justino (Paris 3)
Unité phonologique et diversité phonétique en espagnol : le cas du [o] arrastrado ou rehilado en Argentine.

Toute langue est un système ou un système de systèmes – disait Meillet, et Guillaume par la suite. Lorsqu'on travaille sur un champ aussi vaste que la langue castillane, les spécificités à ramener vers un système englobant sont fort nombreuses. Il peut s'agir de particularités morphologiques, syntaxiques, lexicales. Ou bien phonétiques.
     C'est sur ce dernier aspect de la langue que portera ma communication. On le sait, le système des liquides de l'espagnol est assez complexe. Alors que certaines langues ne possèdent qu'une consonne liquide, que d'autres en possèdent deux, l'espagnol, lui, en a quatre, deux latérales et deux vibrantes. On sait aussi que ces deux vibrantes – le /r/ simple et le /r/ multiple – sont les seuls phonèmes de tout le système phonologique castillan à ne s'opposer que par la durée : même point d'articulation – palatal –, même mode d'articulation – occlusion suivie de vibration de la langue, une seule vibration pour le /r/ simple, plusieurs vibration pour le /r/ multiple (si tu parviens à mettre la main un alphabet phonétique, pourrais-tu m'aider à faire le r multiple ?).
     Or, il existe, sur une grande partie nord de l'Argentine – régions Nord-Ouest Andin (NOA), Rioja, et zones limitrophes mal délimitées – une réalisation spécifique de ce /r/ multiple. Il s'agit d'une réalisation plus ou moins apparentée à une affriquée palatale sonore. Cet allomorphe produit une rupture dans le système phonologique de l'espagnol et fait émerger une cohérence phonologique spécifique.
     J'envisage, dans cette communication, de cerner ce phénomène : de le délimiter géographiquement, chronologiquement, sociologiquement, puis, dans un deuxième temps, de rechercher les raisons qui l'ont fait exister et la "cohérence de système" qu'il postule.

GRÉGOIRE, Michaël (Doctorant Paris 4)
Sitiar, cercar, asediar, où est le siège du sens ?

Cette communication a pour but d'appliquer la théorie de la saillance (cf. Grégoire, 2005, inédit et à paraître) à trois vocables dits "équivalents" sitiar, cercar et asediar, du reste largement usités en espagnol médiéval. Il s'agira de fait de démontrer pour quelles raisons et en fonction de quels paramètres et critères précis ces mots – et d'autres proches – sont bel et bien en corrélation, mais surtout non "équivalents" et encore moins linguistiquement "synonymes". Il conviendra de placer chacun de ces termes dans sa structure propre et d'identifier par la suite ce qui le rattache aux autres mots morphologiquement voisins afin d'en établir le commun dénominateur (morphologique, puis sémantique) qui constitue sa propriété linguistique. Nous mettrons en lumière par là même les faits sémiologiques ainsi que les mécanismes qui permettent de rendre compte d'une corrélation sémantique entre ces vocables, soit leur point d'intersection morphosémantique.


HERRERA CASO, Consuelo (Las Palmas de Gran Canaria)
Otra forma de enseñar las reglas de acentuación en español.

Las normas de acentuación que aprendemos en nuestra infancia no pasan de ser unas directrices ciegas de lo que se debe hacer para colocar la tilde en la vocal apropiada según sea la palabra aguda, llana, esdrújula o sobresdrújula. Estas reglas de acentuación se limitan a indicar que las palabras llanas terminadas en consonante que no sea ni -n ni -s- deben recibir una tilde en su penúltima sílaba, las palabras agudas deben recibir tilde en su última sílaba siempre que terminen en vocal, -n o -s-, y las palabras esdrújulas y sobresdrújulas deben tildarse siempre en la antepenúltima y en la anterior a la antepenúltima, respectivamente. El carácter no razonado de estas normas desemboca en un fracaso en el proceso de asimilación, de manera que se da la paradoja de que el alumno es capaz de recitar la norma pero no acierta a aplicarla. Me propongo mostrar el método que sigo en mis clases, pues he comprobado que resulta eficaz.

HOYOS José Carlos de (Université Lumière Lyon 2)
Conciencia terminológica en el Tesoro de Sebastián de Covarrubias.

 En los últimos años, especialistas en Lexicografía e historiadores de la lengua han centrado sus preocupaciones en el análisis del léxico de especialidad reflejado en el Tesoro de la lengua castellana o española (1611). Varios estudios han analizado el corpus terminológico aportado por S. de Covarrubias (G. Guerrero Ramos, 1999) o el caudal léxico registrado en el Tesoro sobre un campo específico, por ejemplo el vocabulario forense (M. C. Henríquez Salido, 2006) o el mercantil (J. C. de Hoyos, 2007). Nosotros pretendemos en este trabajo dar una visión general de la situación del léxico de especialidad en el Tesoro, mostrando así cuál era la conciencia terminológica de su autor. Para ello, procederemos a una evaluación del tratamiento de cada campo de especialidad y a una posible jerarquización entre los distintos campos del saber. De este modo, se pondrá de manifiesto la representación que se hacía el lexicógrafo de la ciencia y la técnica de su época.

JIMÉNEZ, María (Paris 4) et PIEL, Amélie (Tours)
'Como me viese de buen ingenio, holgábase mucho y decía' : 'como me viese' ou 'como me vio' ?

Partant de l'observation de la variété des formes verbales susceptibles d'apparaître dans la subséquence de como et de la diversité des effets discursifs qu'entraîne cette variété, on s'interrogera sur les facteurs qui amènent à lire la relation posée par como non plus simplement comme une relation comparative mais comme une relation temporelle ou causale.
     L'objectif de l'exposé sera de mettre en lumière la logique qui sous-tend ces effets, et conséquemment, d'établir le propre de como.

MACCHI, Yves (Lille 3)
Lugar et Sitio : deux conceptualisations opposées du site de localisation.

Tandis que le français offre trois signifiants essentiels (lieu, place et endroit) pour référer aux sites de localisation spatiale, ce sont deux signifiants – lugar et sitio – qui se partagent en espagnol ce champ de référence, en concurrence avec de nombreux autres noms génériques spatiaux de compétence plus restreinte (parte, zona, sector, etc.). Je m'efforcerai de démontrer que lugar et sitio offrent deux représentations opposées – respectivement exotopique et endotopique – du site de localisation, et que ces deux images géométriques du site conditionnent leurs capacités référentielles.

MAUX-PIOVANO, Marie-Hélène (Strasbourg 2)
L'espagnol de César Oudin dans le Tesoro de las dos lenguas de 1607 : la trace de Nebrija.

Les travaux de L. Cooper, R. Verdonk et B. Lépinette sur le Tesoro de las dos lenguas de C. Oudin ont montré que la langue espagnole que propose le principal lexicographe bilingue espagnol-français du XVIIe siècle n'est pas le reflet de l'espagnol tel qu'il était parlé à l'époque de la publication du dictionnaire.
     En tenant compte des conclusions de ces chercheurs, nous voudrions réexaminer la dette d'Oudin envers le Vocabulario español-latino de 1495 de façon à montrer la part du lexique directement héritée du Moyen Âge dans la partie espagnol-français.
     Pour cela, nous nous proposons d'étudier de façon exhaustive les entrées répertoriées à la lettre A – soit environ 2500 chez Nebrija et 4000 chez Oudin - pour déterminer avec précision l'influence de l'humaniste sur le lexicographe français, aussi bien quantitativement que thématiquement, c'est-à-dire en ce qui concerne les champs sémantiques mais aussi l'origine des mots, donc les arabismes.

MENCE-CASTER, Corinne (Martinique)
Tutoiement et distance interlocutive dans La Celestina : approche sémantico-pragmatique.

L'usage généralisé du tutoiement dans La Célestine, qui implique une référence directe  à la seconde personne, pourrait masquer la complexité du système de régulation de la distance, tel qu'il se met en place dans les diverses situations interlocutives de l'œuvre. Je me propose d'analyser les mécanismes qui, dans le texte, régissent cette régulation des degrés de hiérarchie et de familiarité, selon une approche sémantico-pragmatique, afin de mettre en évidence les différentes formes de sociabilité qui  en résultent, comme signes distinctifs d'espaces sociaux tout à la fois cloisonnés et ouverts. 

NOWIKOW, Wiaczeslan (Lódz, Pologne)
El reanálisis y la formación de los nombres de los medios de transporte en el español peninsular y americano (con especial atención a la variedad argentina).

El consabido fenómeno de reanálisis o de reinterpretación se da en diferentes comunidades lingüísticas siendo común y propio de los usuarios de varias lenguas. El reanálisis afecta tanto a estructuras gramaticales como léxicas y se lleva a cabo, grosso modo, mediante reformulación y/o resegmentación. Al exponer las cuestiones teóricas relacionadas con el mecanismo de  reanálisis, la ponencia girará en torno a la formación de los nombres de los medios de transporte dedicando especial atención a la creación de los términos en cuestión en el español argentino. Partiendo de un enfoque lexicogenético más amplio se examinarán algunos neologismos creados a partir del modelo "ómnibus -> ómni-bus -> x-bus".

ODDO BONNET, Alexandra (Paris 10)
Les traces de l'univers parémiologique dans El conde Lucanor de don Juan Manuel. 

L'oeuvre majeure de Don Juan Manuel est considérée, avec le Libro de Buen Amor, de l'Archiprêtre de Hita, comme le véritable aboutissement de la littérature sapientielle en Espagne. L'art d'enseigner, jusqu'alors fortement inscrit dans la tradition, connaît avec ces auteurs une évolution, une rénovation qui les distingue de leurs prédécesseurs.
     Véritable créateur, Don Juan Manuel puise ses sources dans la littérature sapientielle, mais les soumet à son propre prisme et aux objectifs didactiques qu'il a assignés au Conde Lucanor.
     Dans cette perspective, l'auteur construit une argumentation fondée sur la valeur exemplaire des éléments qui s'enchaînent dans l'oeuvre ; exempla, viessos, mais aussi formes sentencieuses, vecteurs non négligeables du savoir au Moyen Âge. Pour analyser cette stratégie d'écriture, nous reviendrons sur les caractéristiques de l'univers parémiologique au Moyen Âge afin d'étudier les différents éléments de facture proverbiale qui peuplent l'œuvre du célèbre auteur. 
  

OURY, Stéphane (Metz)
Variantes diatopiques et néologismes : le cas des gallicismes en Amérique latine.

Ce travail a pour objet de mettre en évidence la spécificité des gallicismes américains par rapport à ceux ayant cours en Espagne. Lexicaux, sémantiques ou syntaxiques, ils peuvent présenter des différences minimes (variante graphique ou phonétique, extension ou restriction sémantiques) ou plus importantes (emprunt lexical exclusif ou sémantiquement totalement différencié). 

PAGES, Stéphane (Aix-Marseille I)
Quelques remarques sur la notion d'"effet de sens".

La réflexion a pour objectif de questionner la notion d'"effet de sens" de même que le terme lui-même, rentré dans l'usage
     A l'appui de l'étude incontournable de M. Launay ("Effet de sens : produit de quoi ?", Langages, n° 82, pp. 13-39, 1986), il s'agit d'explorer l'hypothèse forgée actuellement selon laquelle l'" effet de sens " résulterait de l'enrichissement de la valeur sémantique fondamentale invariante d'un morphème (le signifié de puissance de Guillaume) du fait de conditions contextuelles, dans une forme de jeu combinatoire qui fait naître un conflit entre l'instruction donnée par un morphème et l'emploi qui en est fait.
     La réflexion s'inscrit dans le prolongement d'une étude monosémique des valeurs temporelles mais elle tentera de ne pas se limiter au plan du verbe. En perspective, c'est la vaste question du mécanisme d'actualisation qui est en jeu.


PASQUER, Caroline (doctorante Rennes 2)
Outils informatiques pour la recherche en linguistique hispanique : l'exemple de la concordance des temps.

Les outils informatiques (Internet, logiciels de bureautique) permettent de gagner en efficacité dans la constitution et l'exploitation d'un corpus de travail.
     L'objet de l'exposé est de passer en revue les fonctionnalités mises en œuvre dans nos travaux sur la concordance des temps en espagnol afin de dégager l'apport de l'informatique dans le travail du linguiste :
- recherche de données sur Internet : corpus électroniques en ligne ; utilisation de moteurs de recherche ; optimisation des critères de recherche.
- exploitation des données : collecte des occurrences dans une base de données ; traitement des données collectées (tri, filtres, tableaux, statistiques, graphiques).
- présentation des résultats : création de schémas ; transfert de données (schémas, tableaux, graphiques) vers d'autres logiciels (traitement de texte Microsoft Word, logiciel de présentation Microsoft Powerpoint).


PELLEN, René (P.E. Poitiers)
Nomenclature et richesse lexicale dans le Vocabulario de Nebrija (c.1495).

Le témoignage lexical du Vocabulario est trop souvent assimilé au nombre des entrées du dictionnaire. Or beaucoup d'entrées répètent le même vocable. Par ailleurs, nombre de mots employés dans les articles n'apparaissent pas comme entrées. On voit donc apparaître un constant décalage entre la nomenclature apparente et le lexique actualisé. La sélection correspond-elle à des critères identifiables ? En particulier, si on la compare au lexique castillan et au lexique latin utilisés dans le Lexicón (1492), peut-on définir des domaines lexico-sémantiques que Nebrija aurait soit rejetés soit privilégiés dans son second ouvrage ?

PONGE, Myriam (Bordeaux)
Ponctuations en contrepoint (étude comparée de traductions espagnoles de À la recherche du temps perdu).

Dans le cadre de cette communication, il s'agira de prolonger certaines observations nées du regard croisé que nous portons sur les ponctuations espagnoles et française, à partir de l'analyse comparée du début de la Recherche du temps perdu à trois de ses traductions espagnoles.
     L'examen des choix de traduction en matière de ponctuation rend compte de modes différenciés de mises en espace du sens. Une attention particulière sera portée aux cas de "décrochements énonciatifs" (via l'usage des parenthèses, tirets et virgules doubles) dans les choix espagnols de remaniements de la phrase proustienne. En nous interrogeant sur la nature des effets de sens produits en fonction des ponctuations retenues, nous serons amenée à reconnaître la place fondamentale qu'occupe le phénomène d'explicitation (par ailleurs associé à l'expression d'une forme d'"orthonymie", par J.-Cl. Chevalier et M.-Fr. Delport).



RIBERA RUIZ DE VERGARA, Ana Isabel (doctorante Rouen)
L'intentionalité dans le discours littéraire latino-américain au travers de la phonétique et de la lexicologie. L'exemple de Un día de éstos de Gabriel García Márquez.

Cette brève étude s'adresse particulièrement aux étudiants de langue, littérature et civilisation latino-américaine. Elle vise à leur fournir quelques repères pour la perception correcte d'un signifié intentionnel, en l'occurrence dans le discours littéraire de l'Amérique Latine déchirée.
     Pour ce faire, on va présenter, au travers d'une nouvelle de Gabriel García Márquez "Un día de éstos", les éléments qui interviennent dans tout acte communicatif en mettant l'accent sur deux disciplines, à savoir la phonétique et la lexicologie, complémentaires à la compréhension de l'intentionalité du discours.

ROULLAND Daniel (Rennes 2)
Incidence et décadence guillaumiennes et théorie générale des systèmes.

Dans sa recherche de description du langage en termes de système, Gustave Guillaume est très proche des vues contemporaines sur la sui-référence (self reference), jusqu'à entrevoir une forme d'auto-régulation dans son idée d'"intention" constructrice des systèmes de langue (glossogenèse). La sui-référence est également présente dans son article de 1952 "La langue est-elle ou n'est-elle pas un système ?" avec la langue conçue comme un système concentrique qui appréhende la totalité du pensable et répéte au dedans de lui-même sa propre structure. Guillaume cependant n'a pas voulu intégrer le processus de communication dans ce "pensable", ni l'observation du langage par lui-même, et a choisi pour résoudre la circularité  de recourir à la chronologie et à l'histoire. Le problème est très visible dans sa distinction entre "incidence" et "décadence" pour l'analyse des temps verbaux, comme nous l'illustrerons en particulier par l'examen de certaines formes d'imparfait français.

SALAZAR, Béatrice (Rouen)
Implicite, sémantique et aspect. Le cas de seguir + gérondif.

Ce travail essaie de répondre aux questions suivantes.
     Quelles sont les nuances aspectuelles de la périphrase espagnole seguir + gérondif? Comment les implicites contenus dans la périphrase elle-même se combinent avec ceux apportés par l'aspect lexical de la forme gérondive ? L'implicite qu'elle véhicule, la façon dont elle signifie l'idée de progression, lui accorde-t-il une spécificité par rapport aux adverbes aspectifs todavía et siempre ? Quels sont les problèmes qu'elle pose lors de la traduction en français ?


SCHMIDELY, Jack (P.E., Rouen)
Les -RA (et les -SE) dans "la  profonde grotte de Montesinos".

Retour sur un débat toujours ouvert – l'histoire intrigante du couple formé par les  imparfaits du subjonctif espagnol – à partir d'une "grande aventure" de Don Quichotte.


SICOT-DOMÍNGUEZ, María-Soledad (Paris 3)
Unités linguistiques complexes : désémantisation ou remotivation ?

La fonction syntaxique d'un mot, à partir de laquelle on établit dans la plupart des cas son appartenance à telle ou telle catégorie grammaticale, se dévoile dans le discours, lorsque l'actualisation du signe linguistique permet à celui-ci de constituer, en combinaison avec d'autres signes, un énoncé référenciable. Le signe, en langue, est ouvert à toutes les possibilités qui ne lui sont pas interdites par le contenu de représentation inscrit dans son signifiant. Le signifié de /mas/ permet son exploitation adverbiale ou pronominale dans les énoncés additifs et comparatifs, sans pour autant interdire son fonctionnement, sous une graphie différente, comme conjonction coordonnante adversative. S'agit-il, dans cet emploi, d'une "variante stylistique" de pero ? Afin de répondre à cette question, on comparera ces signes et on essaiera de comprendre comment la langue espagnole utilise deux mécanismes différents – la simultanéité temporelle et l'ajout – pour arriver à un même résultat, le sens adversatif.

SZTRUM, Marcelo (Rouen)
Les mots usted et ustedes, ne sont-ils pas des formes de deuxième personne ?

Les mots usted et ustedes ne sont-ils pas, dans tous les systèmes personnels de l'espagnol actuel et depuis bien longtemps, des formes de deuxième personne, respectivement du singulier et du pluriel ? Cette question, qui ne mériterait même pas, à notre sens, d'être posée hors d'un contexte pédagogique très élémentaire, devient néanmoins pertinente du fait de certaines attitudes de nombreux linguistes et grammairiens contemporains à l'égard de ces mots, de ces morphèmes voués à faire référence à l'allocutaire. Nous nous proposons d'entamer une étude de ces attitudes, qui consistent à ne pas parler tellement de usted ni de ustedes, mais plutôt soit de leurs étymons, soit des morphèmes personnels avec lesquels ils vont être associés, pour co-référer à l'allocutaire, dans un discours.

TREINSOUTROT, Pascal (IUFM de Bretagne)
Sur les signifiants des substantifs déverbaux espagnols en –e

A partir d'une analyse sémasiologique des substantifs déverbaux espagnols en –e, il s'agit de tenter de mettre en relief une possible lecture signifiante des ces physismes. En effet, que l'on parle de dérivation propre ou impropre, cette taxinomie ne semble pas pleinement satisfaisante pour appréhender des signes comme corte ou tueste. Ces morphologies sont d'ailleurs constamment identiques indépendamment de la nature et de la fonction qu'on leur attribue et du sens qui en découle. Par conséquent, l'objectif est de démontrer que l'invariabilité de la forme, au-delà des catégories du verbe et du nom, est susceptible de révéler l'unicité et la permanence du signifié.

VICENTE LOZANO, José Antonio (Rouen)
El concepto de "videur" en fonología románica e hispánica.

Tras haber introducido en 2007 el metatérmino videur, en nuestra contribución al volumen "La trace en linguistique" de la revista grenoblesa Tigre y en una conferencia dictada  ante universitarios barranquilleros sobre el tema " El español de muchas partes ", estudiaremos  ante el público de Libéro las aplicaciones de dicho concepto en fonología románica e hispánica, tomando como muestra, entre otros, los avatares de la llamada caída de consonantes finales latinovulgares, así como los " videurs " /E/ y /D/, que permiten dar cuenta respectivamente de la alternancia de /e/ y del cero fonético en español medieval o de la supuesta lenición de /-_-/ en el español de ahora y siempre. Desde una perspectiva diasistemática en la que también tendremos en cuenta el principio de ascendencia de Robert Omnès así como los aportes generativistas más innovadores estudiados por Bolanski.


VILLAR DÍAZ, María Belén (Lyon 2)
Los términos de parentesco : naturaleza semántica y tratamiento lexicográfico.

El trabajo lexicográfico se enfrenta irremediablemente a un número considerable de dificultades, entre las que destaca, sin duda, la elección de un modelo de definición completo y coherente. Determinado tipo de entradas se adaptan mal a un modelo definitorio "clásico", lo que dificulta aún más, si cabe, la tarea del lexicógrafo. Entre estos lemas "rebeldes" podemos situar los términos de parentesco, cuya naturaleza semántica, dotada de características específicas, determina, en último término, su condición en el diccionario.
     Nuestro análisis se centrará, de acuerdo con todo ello, en la caracterización semántica de los términos de parentesco, caracterización que nos abrirá las puertas a la proposición de modelos de definición adaptados a sus necesidades lexicográficas específicas.

WEBER, Élodie (Paris 7)
Une transitivité prépositionnelle avec con ?

On s'intéressera aux verbes espagnols qui construisent leur complément d'objet avec la préposition con, tant ceux, comme contrastar, qui n'admettent qu'une construction prépositionnelle que ceux qui admettent tantôt une construction directe, tantôt une construction prépositionelle, avec con exclusivement, comme armonizar, ou avec prépositions alternantes, en ou con, tel soñar.
     On tentera de mettre en évidence le point commun aux signifiés de ces verbes susceptible d'expliquer leur compatibilité avec la préposition con dont on aura postulé une représentation. On démontrera ainsi l'existence d'une transitivité prépositionnelle avec con où la préposition, loin d'être séamantiquement vide, joue un rôle actif, comparable à celui que joue la préposition a lorsqu'elle précède le complément d'objet.



 
 

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Création 12.07.2008 René Pellen