Transcription de quelques remarques
 
Protocole de transcription  

0. La disposition à l'écran ne respecte pas la lignaison du manuscrit 

1. Transcription des zones du texte manuscrit 

 - la première zone de la remarque, qui est écrite avec une plume plus large, donnant par conséquent un trait plus gras sur le manuscrit, est transcrite en romain gras dans notre édition. Il s'agit de l'extrait du Quinte-Curce cité systématiquement au commencement de chaque remarque et qui se termine toujours par un crochet droit dans l'original. 
 - le commentaire académique proprement dit, qui débute après le crochet droit du manuscrit, est transcrit en romain standard. 
 - ce que le secrétaire souligne à la plume, le plus souvent les mots commentés ou les tournures de remplacement proposées, est transcrit en italique. 
 - ce qui se trouve en marge du texte (essentiellement des indications de fautes d'impression à corriger) est précédé conventionnellement par un pied de mouche. 

 2. Transcription des particularités plus rares du texte  

 - un fragment lisible mais rayé dans le manuscrit est précédé et suivi du même signe cabalistique : # yyyyyy # 
 - un fragment raturé et devenu illisible est signalé par une série de lettres x successives: xxxxx 
 - un fragment ajouté en interligne est précédé et suivi d'un accent circonflexe, qui note symboliquement par sa flèche ascendante que le passage se trouve au-dessus de la ligne par rapport au reste de la remarque. 
 Voici un exemple qui illustre les trois notations ci-dessus à la fois: 

    Si bien qu'il luy renvoya le Mardien bien accompagné] Il estoit bon d'éviter ces deux bien # en si peu de mots # ^qui xxx sont # si proches # trop proches et cela^, d'autant plus qu'il y a encore dans la phrase Mardien qui a la mesme desinance. (...)(I, 320, 3) 
 La remarque débarrassée de ses ratures est alors la suivante: 
     Il estoit bon d'éviter ces deux bien qui sont trop proches et cela, d'autant plus qu'il y a encore dans la phrase Mardien qui a la mesme desinance. 
 - un mot ou une lettre restitués sont indiqués entre crochets droits. Ce sont assez souvent des fins de mots qui, placées en fin de ligne d'une page de gauche, se retrouvent prises dans la reliure et sont donc illisibles. 
 - la ponctuation  et l'accentuation sont transcrites telles quelles, même si elles choquent les habitudes contemporaines. 
 - certains points qui ressemblent plus, à notre avis, à des repos adventices de la plume, sont néanmoins saisis dans le texte par scrupule philologique. Dans certains cas, nous avons toutefois placé cette ponctuation entre parenthèses (Voir par exemple en I, 315, 5). 

 3. Transcription de la graphie  

Le texte des Remarques est dans l'ensemble d'une grande constance de plume. Nous n'avons pas eu trop de dilemmes à résoudre. 
 - Nous le suivons aussi bien dans ses habitudes que dans ses inadvertances, inadvertances que nous signalons, lorsqu'elles sont évidentes, par le <sic> consacré. 
 - Nous respectons les mots soudés graphiquement: ceque par exemple. Dans certains cas, le trait de la plume n'est pas continu mais la direction cohérente du trait, l'analogie avec d'autres contextes limpides ainsi que le rapprochement maximal des deux mots nous font trancher en faveur de la soudure. 
 - Notre principal sujet de perplexité a été la discrimination, parfois laborieuse, des majuscules et des minuscules, essentiellement à l'initiale de certains substantifs. Ce qui a dicté notre décision en faveur de l'une ou de l'autre variante de la lettre, c'est la comparaison des cas litigieux avec d'autres contextes plus limpides. Nous ne prétendons pas, toutefois, avoir pris toujours une décision irrécusable. Souvent, en cas de réel embarras, nous avons consulté le texte imprimé et choisi sa leçon. 

4. Pagination  

Les références entre accolades renvoient à la pagination du manuscrit déposé aux Archives de l'Institut, quai de Conti à Paris . 
Les références entre crochets brisés renvoient à la pagination de la traduction dans l'édition Brunet de 1709 . 
 

 
 
 
{I,14} 

<Pag. 281.> 

Et quand ils seroient si heureux que de gagner l'Hellespont] Estre si heureux que de, ne se dit pas. 
On dit Assés heureux pour
 
Pour passer] Comme il s'agit de s'en retourner, il estoit mieux de dire, Pour repasser
 
Leur fust ainsi enlevé] La regularité demandoit, Leur estoit ainsi enlevé
 
Et peu à peu revenant à soy] Soy ne se peut jamais dire des personnes prises individuellement. Ainsi on ne sçauroit dire d'Alexandre, Revenant à soy. Il falloit 
Revenant à luy. M. D. V. n'a pas mis Revenant à luy, apparemment pour éviter le concours de deux luy. Il l'auroit évité sans blesser la regularité en disant, Et peu 
à peu revenant à luy, il reconnoissoit ceux qui l'environnoient

<Pag. 282.> 

Car il avoit nouvelle] Cet il se rapporte Grammaticalement à esprit qui précéde, et suivant le sens de la phrase il doit se rapporter à Alexandre. M. D. V. 
n'auroit pas fait cette faute s'il avoit dit. Il estoit encore plus malade d'esprit que de corps, car il avoit nouvelle
 
$ à conserver 

Tellement que] Cette liaison a vieilli dans le style soustenu. 
 
Je ne m'estonne pas] Il auroit esté mieux de dire, Je ne m'estonne plus
 
 

{I,15} 

A ma mode] Outre que cette expression est trop familiere, elle manque encore icy de justesse. Il falloit A mon gré

<Pag. 283.> 

Cette impatience du Roy, fit apprehender tout le monde] Apprehender ne se dit point absolument. Il falloit Donna de l'appréhension à tout le monde
 
Leur estoient suspects] ce leur est équivoque. Il pourroit se rapporter aux Medecins aussi bien qu'à ceux qui parlent. D'ailleurs on peut icy supprimer leur sans que le sens en souffre. 
 
Puisque Darius sollicitoit la fidelité de ses Domestiques] C'est parler Latin en François que de dire Solliciter la fidelité de quelqu'un, pour dire Chercher à le corrompre. Il falloit, Tentoit la fidelité de ses Domestiques
 
Et qu'aprés cela] La conjonction et est icy vicieuse. 
 
Qui avoient suivi le Roy en partant] Ces Gérondifs En partant, en arrivant, et les Gérondifs qui marquent quelque circonstance d'vne autre action, se doivent construire avec le 
nominatif du verbe qui fait cette autre action. Par exemple On dit bien, Pierre chantoit en partant, Paul tomba malade en arrivant, c'est Pierre qui chante et qui part, c'est Paul qui 
arrive et qui tombe malade. Mais icy En partant est dit du Roy, et qui avoit suivi est dit des Medecins. L'action de 
 
 

{I,16} 
Suivre et l'action de partir, ne se rapportent pas au mesme Sujet. C'est le Roy qui part, et ce sont les Medecins qui suivent. Il falloit donc, Qui avoient suivi le Roy quand il partit &c: 

<Pag. 284.> 

En cet estat] Ces mots sont trop éloignés de cequi a esté dit touchant l'estat d'Alexandre. M. D. V. devoit mettre dans l'estat où il estoit. Et il eut encore mieux fait de commencer là vne autre phrase en disant, Mais dans l'estat où il estoit
 
Il receut des lettres de Parmenion, celuy..... par lesquelles] Par lesquelles est trop éloigné de lettres à quoy  il se rapporte. Il estoit mieux de dire, Il receut de Parmenion, celuy..... des lettres par lesquelles il apprenoit

<Pag. 285.> 

Mais aussi condamneray-je la fidelité de mon medecin] On ne dit point Condamner la fidelité de quelqu'vn, pour dire le juger coupable d'infidelité
 
Me laisseray-je opprimer dans vne tente] Opprimer signifie faire vne violence injuste; ainsi ce mot ne convient pas icy. 
 
Mais recachetta la lettre] Il falloit, Mais il recachetta la lettre
 
Au troisiéme jour] Le troisiéme jour
 
 

{I,17} 

Le Medecin estant entré avec la Medecine] Il auroit esté mieux de dire, comme il y a dans le Latin, avec le breuvage
 
Et tant qu'il la lut] Ce tour de phrase jette M. De V. dans des équivoques qu'il auroit évitées en disant, Alexandre prit la lettre d'vne main et le breuvage de l'autre, et l'ayant avalé sans crainte, il commanda à Philippe de lire la lettre. Tant qu'il la lut le Roy ne leva &c: 

<Pag. 286.> 

Mais il ne fut jamais si vray qu'aujourd'huy, que je ne vis que pour vous, car] Le sens auroit esté beaucoup plus clair si M. D. V. se fut contenté de dire, Mais cela n'a jamais esté si vray qu'aujourd'huy, car Toute la phrase auroit esté encore plus coulante s'il avoit dit au commencement, Seigneur, j'ay tousjours crû que mon Salut estoit &c: au lieu de Seigneur, il est certain &c. 
 
Mais luy remplirent] Le tour de cette phrase demandoit, Mais elles luy remplirent
 
Si pour sçavoir la créance que j'ay en vous] Confiance auroit esté mieux icy que Créance
 
Vous ne pouviés] Il falloit, Vous ne le pouviés
 
 

{I,18} 

Ceque vous m'avés préparé] Comme la medecine est prise, il falloit, Ceque vous m'aviés préparé. On dit, Je prends ceque vous m'avés préparé. J'ay pris ceque vous m'aviés préparé

<Pag. 287.> 

Car il perdit la parole] Cet il semble se rapporter à Parmenion. Il falloit Car le Roy perdit la parole
 
Cette grande victoire] Comme la Victoire est personnifiée dans cette phrase, grande et cette ne luy conviennent pas. Il falloit simplement La Victoire Ou bien De cette grande Victoire qu'il estoit sur le point de remporter
 
Se fut rendüe maistresse] Expression impropre, et qu'on peut encore supprimer comme invtile. Il suffisoit de dire, Comme le remede eust fait heureusement son operation
 
L'esprit fut le premier à reprandre sa vigueur, et le corps ensuite] Ces mots et le corps ensuite manquent de verbe, parcequ'on ne peut pas sousentendre fut le premier employé dans le premier membre de la phrase. Ainsi M. D. V. devoit dire. L'esprit reprit d'abord sa vigueur, et le corps se rétablit ensuite. 
 
Aprés avoir esté en cet estat] Ces mots Avoir esté en cet estat ne servent qu'à jetter de l'obscurité dans la phrase. 
 
 {I,19} 

Qui ne le regardoit pas avec plus de plaisir, qu'elle regardoit son medecin] Ce tour de phrase semble dire que les Macedoniens ne voyoient avec plaisir ni le Roy, ni son medecin. Il en falloit prendre vn autre et dire, Qui ne tesmoignoit pas moins d'empressement à voir le Medecin, qu'à voir le Roy mesme
 
Comme à vn Dieu qui eust sauvé la vie] Il falloit Comme à vn Dieu qui auroit sauvé la Vie &c: 

<Pag. 288.> 

Combien ils avoient celui-cy en admiration par dessus les autres] On ne dit point Avoir quelqu'vn en admiration, Et l'on peut encore moins dire Avoir quelqu'vn en admiration par dessus les autres. On dit Avoir de l'admiration pour quelqu'vn
 
Mine déliberée] On ne dit pas mine déliberée, quoyqu'on dise bien Air déliberé
 
Aller..... avec un corps] Cela n'est pas François. On pourroit tourner ainsi toute cette phrase Pour gagner le coeur des soldats, comme de s'adonner à leurs exercices, d'estre vestu comme eux, et de leur monstrer tousjours vn air resolu, et vn corps propre à la fatigue
 
A l'adresse de son esprit] Il estoit mieux de dire à sa propre adresse, et il auroit encore esté mieux de prendre Vn autre tour et de dire, Soit qu'il les eut receües de la nature, ou qu'il les dut à son application
 
 

{I,20} 

<Pag. 289.> 

Vn armée si grande que la sienne] Il falloit Vne armée aussi grande. Et il estoit encore mieux de dire. Autant qu'il le pouvoit avec vne armée aussi grande que la sienne
 
Quoyqu'il eust fait bastir force ponts] Force pour dire beaucoup, n'est plus que du style familier, Et bastir qui ne convient qu'aux ponts de maçonnerie, n'est pas icy le mot propre. M. D. V. devoit dire Jetter plusieurs ponts ou construire plusieurs ponts
 
Il fut cinq jours à passer ses trouppes] M. D. V. n'ayant parlé que de ponts, il devoit dire, Il fut cinq jours à faire passer ses trouppes. On diroit bien passer ses trouppes dans des bateaux, parceque des bateaux transportent, mais on ne sçauroit dire passer ses trouppes sur vn pont parcequ'vn pont ne transporte pas. 
 
Et condamna la ville à deux cens talents] Il falloit dire, Et condamna la ville à payer deux cens talents. On ne dit point absolument Condamner à vne certaine somme à moins qu'il ne doive suivre quelque chose comme d'amande, de dommages et interests &c. 
 
Puis s'acquittant des voeux faits pour sa santé] M. D. V. s'est mal exprimé s'il a voulu parler des voeux faits par Alexandre mesme, il devoit dire, qu'il 
 
 {I,21} 
avoit faits pour sa santé. S'il vouloit parler de voeux faits par d'autres, il devoit dire, Puis acquittant les voeux
 
On luy apporta de bonnes nouvelles d'Halicarnasse] Il sembleroit que ces bonnes nouvelles regardassent Halicarnasse. On luy apporta d'Halicarnasse de bonnes nouvelles
 
Et les Myndiens et les Cauniens] Il falloit Et que les Myndiens et les Cauniens avoient esté
 
La riviere de Pyrame] La riviere du Pyrame. Le Pyrameseroit encore mieux. 
 
Au second logement] Logement a vielli sic dans ce sens-là. On diroit aujourd'huy. Au second campement ou le second jour de marche

<Pag. 290.> 

Il prit cette ville abandonnée] Il s'empara de cette ville abandonnée auroit esté mieux. Dire qu'on a pris vne ville, c'est donner à entendre qu'on y a trouvé de la resistance. 
 
Apporta] Il apporta
 
Leur falloit] Ce leur est équivoque parcequ'il semble se rapporter aux deux Roys, et il se rapporte aux Macedoniens. Il falloit le supprimer. 
 

{I,22} 

<Pag. 291.> 

Il y avoit en l'armée du Roy] Dans l'armée
 
Vn Persan nommé] On ne se sert du nom de Persan qu'en parlant du peuple Mahometan qui habite aujourd'huy la Perse. Il falloit icy vn Perse
 
 
 
 

Et depuis ayant suivi] Le premier ayant de cette phrase se rapporte à Philippe, et le second ayant se rapporte à Sisenés. Pour éviter cette équivoque il falloit couper la phrase et dire Sisenés ayant suivi depuis &c: 
 
Estoit des premiers dans sa confidence] Il falloit dire pour rendre le sens plus clair, Sisenés ayant suivi depuis Alexandre en Asie, il estoit parvenu à estre des premiers dans sa confidence
 
Fermée d'vn cachet] Expression qui n'est pas vsitée. M. D. V. ne devoit point éviter de dire. Vne lettre cachetée d'vn cachet
 
Satrape de Darius] L'vsage ne veut pas qu'on dise Satrape de Darius, ni Satrape du Roy de Perse, mais Satrape de Perse. On dit Palatin de Pologne et non Palatin du Roy de Pologne. Grands d'Espagne et non pas Grands du Roy d'Espagne. D'ailleurs il y dans le Latin Praetor Darii
 
 
 

{I,23} 

Quelque chose digne de] La regularité demandoit Quelque chose de digne de. Mais comme il y auroit de la dureté dans cette phrase, il seroit mieux de dire, Quelque chose qui fut digne de sa naissance

<Pag. 292.> 

Qui l'avoit lüe et aprés l'avoit recachetée] Il estoit mieux de dire, Qui l'avoit lüe et recachetée 
ensuite
 
Et comme il estoit parmi les trouppes] Cette expression est trop vague. Sisenés dont il s'agit estoit tousjours parmi les trouppes. Il y a dans l'Original, Comme il estoit en marche avec les trouppes
 
Avec les bandes Grecques] Le mot de Bande est de la Milice moderne et l'on ne doit pas s'en servir en parlant de l'Infanterie des Grecs et des autres Peuples de l'Antiquité. 
 
Que Pharnabaze luy avoit mis entre les mains] Premierement il eut fallu mises. Secondement on ne dit pas Mettre des trouppes entre les mains  de quelqu'vn. Il falloit, Que Pharnabaze luy avoit remises

Et qui estoit] Il falloit Et qui estoient, parceque ce verbe se rapporte à trouppes. Vraisemblablement c'est vne faute d'impression. 
 
<Pag. 293.> 

Et les tailler en pieces] Il falloit Et de les tailler en pieces
 
 
{I,24} 

Mais Darius, comme il estoit religieux] L'arrangement eut esté meilleur en disant. Mais Darius, religieux et plein de douceur comme il l'estoit
 
Qu'il ne feroit jamais cette méchanceté] Le terme de méchanceté n'est point assés noble pour le personnage qui parle, et il est trop foible pour l'action dont il s'agit. 
 
Ceux-là n'estoient pas tousjours estimés les plus fideles, qui estoient les plus sensés] Ce tour rend la phrase dure et languissante. Il estoit mieux et plus naturel de dire, Les plus sensés ne sont pas toujours estimés les plus fideles. Et il auroit encore esté mieux de dire conformement au texte, Que ceux qui donnoient les meilleurs conseils, n'estoient pas tousjours estimés les plus fideles

<Pag. 294.> 

Et qu'on ne sçauroit empescher.... ne s'enfuye] Ne s'enfuye ne vaut rien. Il falloit dire, On ne sçauroit empescher le monde de croire que celuy qui recule, fuit
 
Mesme en vn pas ravagé] Mesme dit le contraire de ceque M. D. V. veut dire. Il devoit mettre Surtout, dans vn pas ravagé
 
Exposé leurs forces à vne seule bataille] On dit bien Exposer ses forces au hazard d'vne bataille ou dans vne bataille, mais on ne dit point Exposer ses forces à vne bataille
 

 
 {I,25} 

Mais qu'il ne luy souffriroit plus de fuir] Cette phrase n'est plus Françoise. On diroit aujourd'huy Qu'il ne luy laisseroit plus la liberté de fuir

<Pag. 295.> 

S'il y eust adjousté les effets] Les paroles demeurent cequ'elles sont, soit que les effets les suivent, ou non. Il falloit dire, Mais les effets n'y respondirent pas
 
En Damas] A Damas
 
En vne mesme nuit] Il falloit dire, La mesme nuit ou dans la mesme nuit

<Pag. 296.> 

La riviere de Pinare] La riviere du Pinare Le Pinare seroit encore mieux. 
 
Pour donner en queüe aux fuyards, comme il croyoit] On ne dit point Donner en queüe aux fuyards. Il falloit dire Donner en queüe sur les fuyards.On ne sçait à quoy se rapporte Comme il croyoit, on pourroit ainsi tourner cette phrase, Pour charger en queüe l'Ennemi qu'il croyoit ##en fuite xxx## ......se sauver
 
Ou seulement quelqu'vn de ses Lieutenants] Il falloit, Ou si ce n'estoit qu'vn de ses Lieutenants à la teste d'vn Corps, qu'on eust pris pour toute l'armée
 
Puis des feux de tous costés en si grand nombre, qu'on eust dit que toute la campagne estoit en feu] Feux et Feu sont icy trop voisins. C'est une negligence. 
 
 

{I,26} 

Le Latin dit Puis des feux de tous costés, en si grand nombre et si voisins les vns des autres, qu'on eust dit 
que toute la campagne estoit embrasée
 
Car l'armée ainsi grande et mal ordonnée, venant à camper]. Ainsi grande et mal ordonnée
façon de parler qui a vieilli. Il falloit, Car vne armée si grande et si mal ordonnée, venant &c
 
De voir son desir accompli, qui estoit] Il auroit esté mieux de dire De voir l'accomplissement de son desir, qui estoit, a fin de ne point separer le substantif desir du relatif qui

<Pag. 297.> 

Il se proposoit la récompense plus grande que le péril] M. De V. devoit dire Il se proposoit vne récompense plus grande encore que le péril
 
Faisant allumer force flambeaux] On a desja remarqué que force n'est plus du bel vsage, pour dire plusieurs, quantité de

<Pag. 298.> 

Si bien que le Roy] Si bien que n'est pas vne liaison amenée parcequi précéde, on voit bien qu'il est icy pour C'est pourquoy, mais il ne le signifie pas. 
 
Darius du commencement avoit résolu] On ne dit plus du commencement pour au commencement. Il valoit mieux dire D'abord Darius avoit resolu
 
 

{I,27} 

Envelopper l'ennemi devant et derriere et de toutes parts] En premier lieu il auroit fallu Par devant et par derriere. En second lieu Devant et derriere sont icy vne superfluité vicieuse. 
Envelopper de toutes parts suffisoit. 

<Pag. 299.> 

La riviere de Pinare] Il falloit, comme on l'a desja remarqué, La riviere du Pinare ou Le Pinare
 
Ou s'ils ne pouvoient] Ou s'ils ne le pouvoient seroit plus regulier. 
 
Et venir à couvert] Il falloit, Et de venir à couvert
 
Il est force que le corps cede] Cette expression a vieilli. Quoyque force en ce sens soit resté en quelques phrases du style familier comme dans celles-cy, Force m'est d'obeir, il m'est bien force d'obeir, On dit aujourd'huy C'est vne necessité que &c: 
 
Estoit ainsi disposée] Comme le recit de cette disposition n'a point précedé, mais qu'il suit, Disposée ainsi estoit mieux. 
 
Nabarzanés avoit la pointe.... avec sa cavalerie] La construction eust esté meilleure en disant Nabarzanés avec sa cavalerie et quelques vingt mille archers ou frondeurs, avoit la pointe de l'aisle droite
 
 

{I,28} 

Et qui ne devoient rien à la Phalange] Premierement il falloit dire Qui n'en devoient rien. Secondement cette expression n'est en vsage que dans le style familier. M. D. V pouvoit dire Et qui ne cedoient en rien à la Phalange

<Pag. 300.> 

Le Roy se plaça au milieu de la bataille] On diroit aujourd'huy Au milieu du corps de bataille
 

Trois mille hommes d'armes] Homme d'armes est vn terme de la Milice moderne qu'il ne falloit pas employer en parlant des Perses. Il y a dans le texte Trois mille Cavaliers d'élite
 

La Cavalerie des Hyrcaniens et des Medes] Pour éviter toute équivoque, il estoit mieux de dire, La Cavalerie ##Hyrcaniene, et la Cavalerie## Mede et l'Hyrcaniene

Six mille tireurs de fronde] Tireur de fronde n'est point François. Il falloit dire Frondeurs
 

Estoit la femme et la mere] Il falloit Estoient la femme et la mere. C'est peutestre vne faute d'impression. 

<Pag. 301.> 

Des Candiots] La ville de Candie qui a donné à l'Isle de Candie le nom qu'elle porte aujourd'huy, n'ayant esté bastie que plusieurs Siecles aprés la mort d'Alexandre, M. D. V. devoit appeller les habitants de cette Isle du nom qu'ils portoient àlors, Les Crétois
 
 

{I,29} 

Ils prirent l'espouvante et la fuite]. Le verbe prendre n'a pas le mesme sens dans prendre l'espouvante et dans prendre la fuite
 
Endommagé d'en haut] Le terme d'endommager est trop foible pour exprimer la perte que des trouppes peuvent faire dans vne action de Guerre. D'en haut ne vaut pas mieux. On pouvoit dire Qu'il ne souffrit trop des Ennemis postés sur les hauteurs
 
De s'eslargir davantage] Il falloit De s'estendre davantage ou de presenter vn plus grand front
 
Mais comme les montagnes vinrent à s'ouvrir] Cette expression donne vne idée fausse parcequ'elle semble dire que les montagnes s'ouvrirent alors, et il n'est icy question que de la situation des lieux. Il falloit, Mais dans l'endroit où les montagnes viennent à s'ouvrir

<Pag. 302.> 

Et la réverberation du bruit] On dit la reverberation de la lumiere, mais non pas la reverberation du bruit
 
Selon l'humeur des Nations et l'esprit de chacun] Humeur et esprit ne conviennent pas icy. Il falloit Selon le genie des Nations et le caractere de chacun
 

{I,30} 

<Pag. 303.> 

Et poussant leurs victoires] Il falloit Et que poussant leurs victoires 
 
Que cequ'ils voyoient maintenant] Comme M. D. V. fait parler Alexandre à l'indirect, il devoit supprimer maintenant, et dire. Que cequ'ils voyoient. Le temps où les Soldats voyoient, est vn temps passé quand l'historien escrit. 
 
Qu'ils ne seroient pas tousjours] Il y avoit longtemps que ceux à qui Alexandre adresse la parole, n'estoient plus en Illyrie ni en Thrace. Il convenoit donc qu'il leur dit, Qu'ils ne feroient plus comme dans les rochers de l'Illyrie et de la Thrace, vne guerre ingrate et stérile