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Cette
série de recherches menées de 1976 à 1987 à
la bibliothèque nationale de France a abouti à l'élaboration
d'une thèse de linguistique intitulée
AUX ORIGINES DE LA NOTION CONTEMPORAINE DE LITTÉRATURE
. Le lexique et la configuration idéologique
des grands secteurs du savoir profane en langue française
de 168O à 176O. Elle a été soutenue à Nancy
en 1987 puis publiée en 1992 dans la collections de la Bibliothèque
de l'Information Grammaticale (Paris & Louvain, Peeters 430 p.)
sous le titre
Le résumé suivant, paru dans l'Information grammaticale (livraison n°44, janvier 1990 pp. 41-42) en donne un bref aperçu. |
A notre
époque où tout savoir est soumis à une réflexion
épistémologique constante, l'enquête lexicologique
a une place parmi d'autres procédures d'évaluation. Notamment
lorsqu'une discipline utilise pour décrire son champ des mots pourvus
d'une longue mémoire sémantique. La littérature, à
la fois science et corpus de textes, est dans ce cas. Ce mot véhicule
avec lui toute une idéologie héritée du passé.
Il est, pour prendre une image, la partie émergée d'un iceberg,
laissant deviner tout ce dont il n'est que l'indice. C'est le travail du
lexicologue sémanticien de restituer l'histoire du signe, le replaçant
dans l'univers des discours passés au sein desquels il a évolué
et trouvé sa physionomie.
Les grands dictionnaires du français contemporain (Grand Larousse, Grand Robert, T.L.F. ) font tous intervenir, dans l'acception contemporaine prégnante du mot littérature, le sème distinctif 'esthétique' et cette présence se vérifie lorsqu'on demande à un locuteur ayant une connaissance quelque peu réflexive de sa langue, de procéder à une définition du signe.
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Le corpus retenu comprend environ 15O oeuvres principales: discours académiques, recensions de livres, manuels, dissertations savantes, dialogues, lettres, essais, notices lexicographiques, articles encyclopédiques, préfaces, la plupart d'auteurs oubliés dont la diversité d'âge, d'origine et d'orientation peut à bon droit passer pour représentative d'une époque. L'enquête se donne pour objectif l'inventaire du champ notionnel, c'est-à-dire des signes qui nomment, de façon générique ou plus spécialisée, de manière vague ou précise, néologique ou archaïsante, l'encyclopédie des connaissances ou tel de ses sous-ensembles. Car la notion de 'littérature' ne saurait se laisser convenablement appréhender sans être resituée, tant au niveau des realia intellectuelles que des signes qui les nomment, dans la globalité de ces deux champs respectifs. L'enquête couvre donc le lexique qui nomme des discours de savoir (belles lettres, bonnes lettres, humanités, érudition, philosophie, sciences, lettres ... ) mais aussi, dans une moindre mesure, celui des intellectuels agents de ce savoir (homme de lettres, gens de lettres, bel esprit, littérateur, savant, érudit...). Enfin elle traite également, pour des raisons évidentes, des adjectifs qualificatifs littéraire et scientifique.
Le deuxième éclairage nécessaire à la bonne description des signes est l'analyse de contenu. Le premier livre de la thèse étudiait essentiellement le fonctionnement sémique et référentiel des signes du champ ainsi que les discours métalinguistiques tenus à leur propos. Pour compléter cette approche, les textes sont requestionnés, à la recherche du paysage idéologique que dessinent les signes belles-lettres, littérature et sciences dans le corpus. Un tel résumé ne peut que forcer les traits d'une tendance, dominante certes, mais qui coexiste avec d'autres visions simultanément présentes dans la société. De ce voyage archéologique
au pays des signes et des cadres mentaux d'un âge révolu,
on tirera, on l'espère, une plus juste idée de l'élaboration
conceptuelle de la notion prise en charge aujourd'hui par le signe littérature
et des facteurs qui ont présidé à celle-ci. Dans le
domaine de la sémantique lexicale, ce champ notionnel pose le problème
intéressant des syntagmes lexicalisés comme belles lettres
lorsque le signifié qu'ils emprisonnent est équivoque ou
vient à être contesté. Le rôle référentiel
qu'ils jouent, codé en langue, est alors perturbé. Il est
aussi une étude de changement linguistique, étude qu'une
exploitation plus systématiquement sociolinguistique, - si tant
est que cela soit possible pour un état de langue révolu
dont les témoins sont tous morts, gagnerait à mettre dans
tout son jour. Mais il s'agit d'un autre travail.
NOTES 1. Thèse d'Etat soutenue le 9 mai 1987 à l'Université de Nancy II devant un jury composé de J.P Seguin (président) D. Bouverot, M. Le Guern, H. Naïs, P. Rétat et J.C. Vareille 2. Préface non paginée de La Rhétorique ou l'art de parler. 3è édition , Paris, Pralard 1688 |
| Résumé
Cette recheche éclaire l'élaboration à
l'Age Classique du concept actuel de 'littérature'.
Mot-clés langue française
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English abstract
This dissertation
sheds light on the elaboration of the concept at present expressed
by the french word littérature.
KEY-WORDS French language
published by Peeters , Leuven & Paris, coll. Bibliothèque de l'Information Grammaticale 1993 under the title Des Belles-Lettres à la Littérature . Une archéologie des signes du savoir profane en langue française (1680-1760) [many thanks to Hélène Chuquet for her help in translating this abstract] |