Lorsqu'on pénètre dans l'univers intellectuel
d'un siècle passé, on court toujours le risque de plaquer
naïvement nos schémas familiers sur lui, surtout lorsque nous
étudions une civilisation qui semble partager avec nous la même
langue. Il faut donc s'efforcer de reconstituer préalablement l'univers
mental de ce temps. Je commencerais volontiers ce travail de défrichage
en tentant de dévider les présupposés(1)
du titre ingénieux de ce colloque Écrire dans le cadre
des Belles-Lettres :
Présupposé 2 : Les Belles-Lettres existent. Ce signe ( car c'en est un) a un sens Présupposé 3 : Les Belles-Lettres sont un cadre Présupposé 4 : On peut écrire dans ce cadre |
| 1/ Escrire & escrivain , deux signes en
évolution
Le verbe écrire/escrire et le substantif
écrivain/escrivain sont au XVIIe siècle
engagés dans une phase de mutation sémantique que les dictionnaires
n'attestent que partiellement.
Gentil escrivain qui a composé de beaux livres, Luculentus author. Pompeius. Escrivain qui escrit incorrect, Mendosus scriptor vel librarius. Escrivains qui escrivoient les livres anciennement, au lieu desquels ont succedé les Imprimeurs, Librarij, Scribae.(3) L'invantaire des deus langues françoise et latine de Monet confirme l'ordre de prééminence à l'article ESCRIRE. Le premier alinéa de l'entrée débute ainsi:
Il se dit aussi de ceux qui escrivent bien ou mal. Vous estes un bon, un meschant escrivain. Il se dit encore d'Un autheur qui compose quelque livre. C'est un fameux escrivain. tous les escrivains du dernier siecle. Dans les vaisseaux, il y a un Officier qu'on appelle l'Escrivain, qui tient registre de ce qui est dans un vaisseau.(5)
On dit, Je me suis fait escrire à la porte, pour dire, J'ay fait escrire mon nom au portier. Il se dit encore de la maniere d'ortographier. Comment escrivez-vous science? je l'escris par un sc. avec un sc. ce seroit mal escrire que de ne mettre point d'h à Rhetorique. Il signifie aussi, Mander par lettres missives. Je luy ay escrit deux ou trois fois, il ne me fait point de response. je n'escris point en ce pays-là. si vostre affaire s'avance, je vous en escriray. On dit fig. Escrire de bonne ancre, de la bonne ancre à quelqu'un, pour dire, Luy escrire fortement sur quelque chose. On dit en termes de Pratique, Escrire, pour dire, Mettre par escrit ses raisons pour deffendre sa cause. On les a appointez à escrire & produire. à bien exploitter, mal escrire. Il signifie aussi fig. Composer quelque ouvrage d'esprit. Tous les autheurs qui ont escrit de cette matiere. il est sçavant, mais il ne sçait pas escrire. il escrit poliment, nettement, doctement, elegamment. il escrit si mal, si grossierement. tous ceux qui escrivent bien... il se mesle d'escrire. il escrit bien, mais il peint mal. Il signifie aussi, Rapporter, dire, enseigner que. Aristote a escrit, que les animaux &c. (6) |
2/ Écrire dans le cadre des Belles-Lettres,
cela suppose que les Belles-Lettres activent des potentialités
mais aussi imposent en quelque sorte des contraintes. Les Belles-Lettres
sont un environnement, dirions-nous aujourd'hui. De quelle nature est-il?
b/ il existe déjà en 1620 un signe à
base lettres et qui tient un rôle paradigmatiquement similaire
dans les textes , la lexie bonne lettres. L'irruption d'un signe
nouveau belles-lettres à une place déjà bien
occupée par cet autres signe, bonnes lettres, est l'indice
d'un changement de point de vue. Ce point de vue me semble être fondamentalement
un changement dans la lecture des textes. Traverser les signes d'un
texte dans la perspective des Belles-Lettres, c'est autre chose
que les traverser dans la perspective des Lettres humaines ou dans
la perspective des bonnes lettres .
J'évoquerai un instant la période immédiatement antérieure à la mise en service du mot belles-lettres. Tout simplement parce que le nouveau regard s'en dégage de façon distinctive et coexistera avec lui. Fondamentalement la lecture humaniste des bonnes lettres est à spectre de préoccupation vaste: philologique et érudite, morale, rhétorique, spéculative, scientifique (avant la lettre) dans tous les domaines du savoir. Le délassement de l'esprit est loin, très loin derrière l' édification intellectuelle, morale et religieuse. Les bonnes lettres, c ' est la nourriture de l' esprit et de l' âme. En leur sein, la lecture des lettres profanes est une première propédeutique qui dégrossit l' être intellectuel et moral en vue de sa sanctification par la Révélation. C'est en tout cas la lecture optimiste qu'en fait le courant jésuite lorsqu'il tente d'intégrer ce qu'il peut de l'antiquité gréco-romaine à l'intérieur de sa pédagogie. L 'idéal latin de l' humanitas revisité par le christianisme qui lui ajoute ce qu'il estime être le parachèvement de la formation, c'est cela le meilleur de la lecture des bonnes lettres. Je ne peux pas m ' attarder sur cet aspect qui est partiellement hors champ chronologique mais il faut, pour comprendre ce qui est à l' oeuvre dans cette néologie Belles-Lettres, saisir de façon rapide sur quel arrière-plan intellectuel et moral elle intervient de façon décisive. Marie-Madeleine de la Garanderie exprime en termes fort justes la philosophie de la lecture à l' époque des bonnes lettres dans sa thèse sur Christianisme et lettres profanes. La citation suivante me servira de transition opportune: Les lettres sont bonnes, c'est-à-dire précieuses, importantes, utiles, bénéfiques... Elles témoignent en faveur de l'homme, elles embellissent les rapports humains, elles constituent elles-mêmes en quelque sorte l'humanitas, puisque ce mot, que Cicéron proclama si haut, signifie à la fois, comme on sait, dignité, sociabilité, et culture (8) Écrire dans le cadre des Belles-Lettres, du moins au commencement de la période qui nous concerne, c'est donc écrire dans le cadre d'une idéologie en perte de vitesse, celle des bonnes lettres. C'est écrire ( et lire) avec à l'esprit d'autres attentes. Le phénomène socio-littéraire qui met en service la lexie belles-lettres et qui assure son épanouissement, c'est en somme l'objet de ce colloque qui l'envisage avec des points de vue variés à la suite des travaux pionniers de Marc Fumaroli. Mais les belles lettres, ce n ' est pas seulement
un changement de point de vue dans la lecture de l'héritage culturel,
c'est aussi un corpus de textes et c'est là que j'ai moi-même
rencontré des difficultés à cerner ce référent
polymorphe.
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| 4/ Belles-Lettres: un signe à référent
polymorphe
Au départ, dans les années 20, ce signe est plus l'indice d'un changement de préoccupation que le vocable d'un ensemble limité de textes. Et c'est, selon moi, ce changement d'objectif dans la lecture des textes qui va peu à peu limiter un corpus qui lui correspond de façon préférentielle. De quelle nature est ce changement de préoccupation? Marc Fumaroli est sur ce point très circonstancié: c'est la quête d'un savoir différent: savoir aulique et hédoniste avant tout, celui dont se réclame la classe intellectuellement dominante, la Cour, celle des gens de qualité qui méprisent l'érudition. La grande tradition humaniste, en quête de vérité philologique et spéculative passe au second plan avec la classe sociale qui la portait, la robe domptée par le pouvoir royal. Les enfants de cette classe sociale volontiers gallicane seront élevés chez les jésuites qui leur donneront le goût du théâtre et du bien-dire. Ils vont se rallier avec plus ou moins de conviction. Je n'y reviens pas sinon pour citer ce passage de la correspondance de Guez de Balzac à Melle de Gournay:
La conséquence de ce changement de point de vue sur les textes, de ces nouveaux centres d'intérêt, c'est la sélection d'un corpus ad hoc et le XVIIe siècle de ce point de vue voit le signe Belles-lettres servir de fédérateur: un corpus d'oeuvres va peu à peu s'élaborer autour de lui. Le modèle que j'ai élaboré (10) à partir d'une étude multiforme des attestations du mot témoigne du degré de prégnance de tel ou tel secteur des textes: à l' évidence, ce qui aimante immédiatement l'esprit de l'homme de 1660 lorsqu'il évoque le mot belles-lettres, c'est la poésie dans la diversité de ses genres narratifs, lyriques, didactiques et dramatiques, sans oublier les petits genres de circonstance, compliment, madrigal, épigramme, épître en vers etc. Là est le coeur des belles-lettres. Dans un deuxième temps, mais presque conjointement, vient l'éloquence, la grande parole publique et, plus généralement, la belle prose euphonique. De ces deux types fondamentaux de texte, poétiques et oratoires, on voit tout au long de la période que le type de lecture préférentiel qui est fait dans le cadre des Belles-Lettres est rhétorique: il s'agit de s'en approprier les vertus stylistiques pour les mettre en oeuvre dans un bien-dire constitutif de l'honnêteté. Je dirais d'ailleurs que l'évolution du concept de Belles-Lettres est en partie parallèle à celle de l 'honnêteté qui, au fil du XVIIe siècle, se dépouille de ses attributs moraux et se prend de plus en plus pour un ensemble de conduites marquées au coin du paraître social. Témoigne de cette évolution l' éviction graduelle de la grammaire et des disciplines philosophiques de la portée référentielle moyenne du signe Belles-Lettres(11). Déjà Furetière et Richelet attestent, avec des vues différentes, que la fixation référentielle du concept s'effectue sur ce rejet.
Furetière 1690: On appelle les Lettres Humaines et abusivement les belles Lettres, la connoissance des Poëtes et des Orateurs, au lieu que les vrayes belles Lettres sont la Physique, la Géométrie et les Sciences solides (s.v. lettre) Écrire dans le cadres des Belles-Lettres, c'est écrire dans un univers intellectuel où la poésie et la belle prose éloquente s'imposent de plus en plus comme les parangons de l'activité intellectuelle valorisée par le Pouvoir. |
5/ La place des Sciences et la reconfiguration des
Belles-Lettres(12)
Écrire dans le cadre des belles- lettres, c'est écrire également dans un environnement intellectuel où un nouveau secteur du savoir monte au ciel des connaissances et s'individualise nettement à partir de 1660: celui des sciences. Pour bien comprendre cette configuration de l'activité intellectuelle, il faut en effet prendre en compte un deuxième élément dans l'histoire du lexique et de la conceptualisation de l'encyclopédie des connaissances en français: le XVIIe siècle est le siècle de la néologie Belles-lettres mais il est aussi le siècle où s'affirme nettement la spécialisation référentielle du syntagme les sciences sans expansion déterminative(13). Il y a, dans la nouvelle donne du savoir et de la vie intellectuelle au XVIIe siècle, à prendre en compte cette double individualisation, au sein de l'activité littéraire, qui aboutit vers le troisième tiers du siècle à la délimitation, en partie mutuelle, de deux secteurs désormais perçus comme nettement distincts: le secteur de la science et le secteur des belles lettres. Ecrire à l' époque et dans le cadre des belles-lettres, c ' est donc inscrire son activité dans un cadre intellectuel qui n'est plus celui, relativement unifié, des lettres humaines. C'est recourir à l'écriture dans un univers intellectuel où deux types d'activités sont déjà campés dans une distinction qui deviendra plus tard, au XVIIIe siècle, une antinomie. Le contenu précis de cette antinomie, c'est en
effet le XVIIIe siècle qui va le conceptualiser de façon
nettement plus claire. C'est lui qui va figer et accentuer le parallélisme
et l'opposition, les rendant irréductibles. Mais il ne faut pas
oublier que le dispositif dichotomique est rôdé dès
la deuxième moitié du XVIIe siècle: entre
1699 et 1701, l'abbé Bignon sous les auspices du pouvoir royal
réforme deux académies, celle des Sciences et la «
petite académie » des jetons et médailles. Or il renforce
considérablement la seconde, la fait passer de 8 à 40 membres,
exactement comme celle des Sciences et accentue très nettement le
parallélisme. Mais c' est vers 1730 que se laisse très nettement
voir en France un conflit entre ces deux secteurs. Le secteur des Belles-Lettres
se sent détrôné et une activité argumentative
assez considérable se fait le défenseur de ces disciplines(14).
Je consacrerai l'essentiel de mon apport à cette période 1730-1760 au cours de laquelle ce que nous appelons aujourd'hui littérature se dégage nettement dans sa spécificité. Écrire dans le cadre des Belles-Lettres, c'est en effet avoir plus ou moins clairement à l'esprit qu'un texte a des fonctions prédominantes et que celui qu'on va écrire devra remplir particulièrement certaines d'entre elles. Dans mon livre je me suis attaché à traquer en deuxième partie les prédicats les plus couramment associés aux signes littérature, belles-lettres et lettres. Or certains prédicats sont primaires, c'est-à-dire qu'on les trouve dans des syntagmes semi-lexicalisés qui font office de substituts lexicaux. Pour bien me faire entendre, je citerai un passage qui illustre cette fonction de substitut lexical:
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| 6/ Les traits distinctifs
des ouvrages de littérature vers 1730-1760
Dans cette classe des substituts , trois ont une fréquence telle qu'ils constituent sans doute les descripteurs les plus profonds et les plus lexicalisés de la notion de Belles-Lettres. A/ Le premier d'entre eux est la locution ouvrages d'esprit. Je ne peux pas entrer ici dans l'étude de ce gros polysème qu'est le mot esprit. Mais les contemporains sont à ce sujet fort clairs: l'esprit en ce sens, dans ce type de contexte, est une aptitude essentiellement verbale, c'est-à-dire qu'il distingue les textes qui, dans la dispositio et l' elocutio se signalent par l'ingéniosité de l'écriture. Ce talent est ambigu et ses adversaires ont beau jeu d'ironiser sur ce bel esprit capable d'habiller des riens. Un cache-misère en somme qui peut faire illusion quelque temps sur la pauvreté de l'idée, du savoir, de la pensée :
J'ai particulièrement expertisé dans mon livre une antonymie inquiétante: c'est celle qui oppose l'esprit et le génie. Cette antonymie tisse un réseau d'associations verbales qui jettent un certain discrédit sur l'esprit , plus ou moins nettement selon l'humeur de ceux qui dissertent sur ces matières . L'un des minores qui m'a particulièrement aidé à instruire ce dossier , un certain Floret, a cette remarque dont l'ambivalence n' échappera pas:
Écrire dans le cadre des Belles-Lettres, c'est vivre l'aventure de l'écriture dans cet environnement idéologique qui commence à ne voir dans ce type d'activité qu'un divertissement verbal de valeur intrinsèque mineure. Helvétius a sur cette question une remarque redoutable:
B/ Deuxième substitut: ouvrages d'imagination. Ecrire dans le cadre des Belles-Lettres, c'est faire oeuvre d'imagination. Le cantonnement des Belles-Lettres, ce sont les textes qui, dans leur ensemble, ne reconnaissent pas le contrôle du vrai ou de la réalité. Un de mes auteurs, le Père Torné, le dit d'ailleurs sans ambages :
Certes, à des degrés divers, les textes de sciences, à l'occasion d'une métaphore par exemple, peuvent exercer l'imagination au niveau précis de leur elocutio. Mais c'est au niveau de l'inventio que le texte de Belles-Lettres se délie de la tutèle du réel. On voit que cette définition qui vaut pour l'activité poétique ne vaut déjà plus du tout autant pour l'Eloquence publique de la chaire, du barreau ou de la délibération politique. Encore moins, évidemment , pour la critique, la grammaire ou 1 'histoire. Cette vision des BellesLettres est réductrice. C/ Troisième substitut: ouvrages de goût. les Belles-Lettres exercent le goût tant de celui qui compose que ce celui qui lit. L'abbé Trublet nous aide ici à merveille à dévider le réseau sémantique qui explique les traits constitutifs du goût:
Conclusion
Ecrire dans le cadre des Belles-Lettres, c'est, selon la vision moyenne que donnent la plupart des textes vers 1730, écrire pour l'agrément du lecteur des ouvrages d'imagination où excellent l'esprit ( dans l'ingéniosité verbale) et le goût ( dans le contrôle de l'oeuvre mais aussi dans son appréciation) . C'est écrire aussi dans une veine qui, déjà,
est menacée du grief de superficialité, de jeu gratuit, de
littérature de pur divertissement. C'est s'adonner en somme à
un type d'activité qui passe graduellement au second plan derrière
l'activité de science.
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| SYNOPSE DES PROPOSITIONS CONTENUES
DANS L'ARTICLE
1/ Écrire dans le cadre des Belles-Lettres, du moins au commencement de la période qui nous concerne, c'est écrire dans le cadre d'une idéologie en perte de vitesse, celle des bonnes lettres. 2/ Écrire dans le cadres des Belles-Lettres, c'est écrire dans un univers intellectuel où la poésie et la belle prose éloquente s'imposent de plus en plus comme les parangons de l'activité intellectuelle valorisée par le Pouvoir. 3/ Ecrire à l' époque et dans le cadre des belles-lettres, c ' est inscrire son activité dans un cadre intellectuel qui n'est plus celui, relativement unifié, des lettres humaines. C'est recourir à l'écriture dans un univers intellectuel où deux types d'activités sont déjà campés dans une distinction qui deviendra plus tard, au XVIIIe siècle, une antinomie. Les Sciences et les Belles Lettres. 4/Écrire dans le cadre des Belles-Lettres, c'est avoir plus ou moins clairement à l'esprit qu'un texte a des fonctions prédominantes et que celui qu'on va écrire devra remplir particulièrement certaines d'entre elles. 5/Écrire dans le cadre des Belles-Lettres, c'est vivre l'aventure de l'écriture dans cet environnement idéologique qui commence à ne voir dans ce type d'activité qu'un divertissement verbal de valeur intrinsèque mineure. 6/ Ecrire dans le cadre des
Belles-Lettres, c'est, selon la vision moyenne que donnent la plupart
des textes vers 1730, écrire pour l'agrément du lecteur des
ouvrages d'imagination où excellent l'esprit ( dans
l'ingéniosité verbale) et le goût ( dans le
contrôle de l'oeuvre mais aussi dans son appréciation) . Ces
trois descripteurs, qui sont des propriétés de l'intelligence
humaine, constituent les traits distinctifs du texte de Belles Lettres
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BIBLIOGRAPHIE
. Les références des livres cités le sont en bas de page pour une meilleure lisibilité du texte.
. Il n'est pas possible de citer dans les limites de cet article l'ensemble des textes compulsés à l'occasion de cette enquête au long cours. On trouvera le corpus qui a donné lieu à lecture méthodique et relevé systématique d'occurrences dans le livre qui condense l'essentiel des acquis de ma thèse d'Etat :
CARON Philippe : Des « Belles Lettres » à la « littérature » . Une archéologie des signes du savoir profane en langue française ( 1680-1760) . Louvain & Paris, Peeters 1992. Coll. Bibliothèque de l'Information Grammaticale n° 23
1. 1 Au sens où O. Ducrot entend ce terme , par exemple dans Dire et ne pas dire. Paris, Hermann 1972
2. 2 Cette communication est essentiellement nourrie par la recherche menée à l'occasion de ma thèse d'Etat de 1987, éditée en 1992 sous le titre Des Belles lettres à la Littérature : une archéologie des signes du savoir profane en langue française (1680-1760). Louvain & Paris, Peeters, coll. Bibliothèque de l'Information Grammaticale
3 Texte de l'édition Dictionnaires d'Autrefois, programme conjoint ARTFL-INaLF (http:// hera.inalf.cnrs.fr). Je n'accorde à l'organisation d'un article, très souvent tributaire de ses devanciers qu'une valeur d'indice, lequel demande toujours confirmations multiples.
4 Lyon, Obert 1636 [rééd. Genève, Slatkine 1973] pp. 337-338
5 Texte de l'édition Dictionnaires d'Autrefois (http:// hera.inalf.cnrs.fr) établi sous la direction de Russon Wooldridge et Isabelle Leroy-Turcan
6 ibid.
7 Voir mon livre p. 103
8. 8 Christianisme et Lettres profanes. Lille, Atelier de reproduction des thèses 1976 pp. 36-37
9. 9 in Œuvres. Paris 1665, tome I p. 118
10. 10 voir Des Belles Lettres à la Littérature p. 110 et sq. , notamment le croquis de la page 114 qui représente sous la forme de cercles concentriques les composants à géométrie variable du concept évolutif de 'belles lettres'
11. 11 id. p. 119 et sq., notamment le tableau de la page 123
12. 12 Cette partie étant nécessairement succincte, je renvoie à mon livre p. 203 et sq.
13. 13 notamment à l'occasion de la création de l'Académie des Sciences en 1666. Voir mon livre à partir de la page 140 sur les détails de cette création.
14 Id. p. 306 et sq. notamment
15. 15 Charles Batteux : Avertissement du tome II des Principes de la Littérature. Paris, Desaint et Saillant 1775 p. VI
16. 16 Floret : A quels caracteres on distingue les ouvrages de génie des ouvrages d'esprit. Marseille, Sibié, 1760 p. 10
18. 18 De l'Esprit. In Œuvres Complètes. Londres, 1781, tome II, pp. 316-317
19. 19 Discours sur ce sujet : si la multiplicité des Ouvrages en tout genre est plus utile que nuisible au progrès des Sciences et des Belles-Lettres. Mercure de France, juin 1754 p. 66
20. 20 in Essais de Littérature et de Morale, § Du Goût. Paris, Ganeau 1766-1767, tome III p. 390
21. 21 dans le sens classique de ce terme, qui inclut à la fois la logique, la morale, la métaphysique, les mathématiques et la physique, laquelle à son tour embrasse toutes les études de la nature, du minéral à l'animal.