Les Remarques de l'Académie française sur le Quinte-Curce de Vaugelas
1719-1720
 
 
édition critique par Wendy AYRES-BENNETT et Philippe CARON
Presses de la rue d'Ulm 1997
 

 
 
 
 
 
 La vie d'Alexandre le Grand par l'historien latin Quintus Curtius était au début du XVIIè siècle une oeuvre de renom. A la suite d'autres traducteurs (Soulfour et Séguier) , Vaugelas s'était lancé dans l'entreprise avec l'idée de donner, à côté de ses Remarques sur la langue françoise, un exemple de belles-lettres françaises. L'élaboration de cette traduction à partir des années 20 jusqu'à sa révision dans les années 40 chevauche deux esthétiques de l'écriture historique: plus près de celle de Coëffeteau au départ, Vaugelas refondit son ouvrage pour s'approcher davantage de celle de Perrot d'Ablancourt qui s'était illustré entre temps, notamment avec son Arrian.  Cette oeuvre aujourd'hui tombée dans l'oubli eut tout au long du dix-septième siècle une valeur de modèle et on ne l'appelait communément que le Quinte-Curce. C 'est parce qu'elle continuait à jouir d'un grand prestige que l'Académie française décida de la revoir au cours de ses séances de 1719 à 1720, à côté de la tragédie d'Athalie qui passait pour la plus pure de Racine. C'est dire l'importance de cette traduction puisqu'elle fut une des premières oeuvres que l'Académie française soumit à l'examen après la parution de la deuxième édition du Dictionnaire en 1718. Munie de l'édition bilingue latin-français de l'éditeur Brunet ( 1709) , elle se mit au travail et consigna quelque 2400 remarques. Le manuscrit, conservé aux Archives de l'Institut de France à Paris quai de Conti, n'avait jamais été publié. A environ 70 ans de la parution de la célèbre traduction, les Remarques de l'Académie française sur le Quinte-Curce montrent l'écart qui s'est creusé entre un modèle exigeant des années 1640 et les attentes du même milieu vers 1720. Elles constituent un jalon jusqu'alors mal connu dans l'histoire d'un académisme grammatical et rhétorique qui, pour le meilleur et pour le pire, appartient à notre patrimoine littéraire.  

 

 
  
 
L'édition de cette oeuvre a reçu un Grand Prix de l'Académie française avec une médaille de vermeil en 1997