Sixième colloque international du G.E.H.L.F. à Limoges

avril 1996

 
 
 

PRÉSENTATION 

Le colloque dont nous présentons ici les actes s'est tenu à l'Université de Limoges en avril 1996 sous les auspices du G.E.H.L.F.(1). C'est pour stimuler, entraîner, développer un programme de recherche de ce Groupement(2) que nous l'avons conçu. 
Avouons-le, la syntaxe du français classique est un domaine de recherche passablement frappé de torpeur. Une torpeur chronique. Il s'agissait donc de réveiller le malade après une longue léthargie. Nous ne nous flattons pas d'y être arrivés mais d'avoir semé quelques initiatives qui, peut-être, verront le jour. 
    Le colloque a pleinement joué son rôle d'entraînement car, en relisant attentivement les contributions, on s'aperçoit que la notion de cohésion textuelle, que nous avions voulu mettre au coeur de la réflexion commune, s'en trouve singulièrement éclairée. Nous ne nous repentons pas, en somme, d'avoir offert une orientation frappée quelque part de simplisme car elle aura fait sortir çà et là des observations décisives. Nous l'avons laissée telle quelle ci-après(3) afin de permettre à chacun d'apprécier le chemin parcouru. 
 
 
 
 
En effet deux critiques de fond ont été apportées à notre formulation, et nous ne sommes pas de ceux qui s'en désolent, bien au contraire.

     
      1.  que la conceptualisation de la notion de "phrase" soit une évidence transhistorique. Nous le savions déjà mais son livre suit la polysémie du signe au XVIIIe siècle et , partant, l'émergence lente d'une acception que nous avons trop tendance à considérer aujourd'hui comme un universel.
      2. que deux de nos outils d'appréhension syntaxique, coordination et subordination, conçus comme des mécanismes radicalement disjoints, soient opératoires pour décrire les pratiques langagières du temps. Michel Glatigny, indirectement, ne dit pas autre chose lorsqu'il montre que lequel n'a pas à la charnière des XVIe et XVIIe siècles un profil de subordonnant mais plutôt celui d'un anaphorique.
Ces deux "remises en cause" des attendus du colloque nous semblent décisives. Il faut forger d'autres outils d'observation, nous conseille J.-P. Seguin. Il faut éviter l'illusion rétrospective et cocardière d'une langue de plus en plus parfaite, de plus en plus limpide, dit Gilles Siouffi. Changement mais pas forcément progression.

Bernard Combettes, hors séance, avait par ailleurs insisté à plusieurs reprises sur un point qu'il jugeait décisif pour ne pas se fourvoyer : l'effet de clarté que nous avions trop tendance à voir à l'œuvre dans une multiplicité de traits d'évolution syntaxique, ne doit pas masquer que l'on a affaire selon lui à des niveaux, des étages d'évolution et de fonctionnement fort différents : la structuration du groupe verbal obéit à des principes de syntaxe générale qui n'ont rien à voir avec des considérations conjoncturelles de clarté.
 


Contenu
 



 

Que conclure de cet ensemble de contributions ?

                                                                                                                                                                                     Philippe Caron, responsable du G.E.H.L.F.
                                                                                                                                                                                                        Université de Limoges
 
 

1. Les actes de ce colloque sont disponibles pour la somme de 8O FF aux PULIM, Presses de l'Université de Limoges, 39 E rue Camille Guérin, F87036 LIMOGES CEDEX

2. Programme de micro-syntaxe variationnelle du français pré-classique et classique, avec la participation de Janine Baudry (M.C. Limoges), Philippe Caron (PR Limoges, responsable éditorial), Bernard Combettes (PR Nancy II, responsable scientifique), Michel Glatigny (PR EM. Lille III), Isabelle Landy-Houillon (M.C. Paris VII), Jean-Pierre Seguin (PR Poitiers), Gilles Siouffi (M.C. Montpellier).

3. Voir page 19 le rappel intégral des attendus du colloque précisés dans la première circulaire de 1995.

4. Peeters, Louvain & Paris 1993, Bibliothèque de l'Information Grammaticale 480 p. 8°.

5. Une esthétique nouvelle : Honoré d'Urfé correcteur de l'Astrée (1607-1625). Genève, Droz 1995 444 p. Coll. Travaux du Grand Siècle n°1.

6. Nous tenons à remercier à l'occasion de cette édition, la Ville de Limoges, la Région Limousin et l'Université de Limoges pour leur appui financier. L'IUFM du Limousin nous a offert ses locaux et son environnement chaleureux. Les PULIM et son directeur, l'assistante de saisie, Melle Dayaud, ont droit également à notre cordial remerciement.