DESCRIPTION TECHNIQUE DU D.C.
PRÉAMBULE
Avant toute tentative de description
raisonnée de notre répertoire, il convient de rappeler une
évidence: le D.C. n'est pas un dictionnaire général
de langue mais un dictionnaire critique comme son titre l'indique. La conséquence
immédiate de cette visée critique est que le D.C.
ne se tient pas à l'exigence implicite d'exhaustivité maximale
que visent plus ou moins consciemment les lexicographes généralistes.
Le domaine du D.C. est la correction, la complémentation,
la discussion de documents antérieurs. C'est dire qu'il obéit
à une demande qui n'est pas celle que vient satisfaire le dictionnaire
général. Féraud l'indique lui-même:
C'est un Comentaire suivi de
tous les mots, qui sont susceptibles de quelque observation; un Recueuil,
qui laisse peu à désirer; des Remarques qui peûvent
éclaircir les doutes et lever les dificultés, que font naître
tous les jours les bizârres irrégularités de l'Usage
(...) Nous, aidés des aûtres Gramairiens, des aûtres
Critiques et des aûtres Dictionaires, nous examinons ce qui a été
dit; nous proposons ce qu'on doit dire; nous relevons ce qui a été
mal dit, et nous aprenons à le mieux dire. ( Préface p. III)
Les mots de Comentaire,
de Recueuil(sic) , de Remarques suffisent déjà
à faire percevoir la spécificité évidente d'un
répertoire qui se positionne comme une instance de second niveau
par rapport à ses prédécesseurs.
Cette fonction,
avec une structuration fluctuante, fait de l'ouvrage un ensemble de commentaires
à géométrie variable qui fait constamment appel à
la coopération du lecteur lettré. Son efficacité indéniable
la suppose. C'est pourquoi la rétroconversion d'un tel document
pose de multiples problèmes. Cette description cavalière
se donne donc pour tâche de réduire au maximum l'impression
première d'anarchie formelle. Des modèles descriptifs sont
à l'oeuvre. Il faut les découvrir avec leurs variantes.
Nous sommes
en présence d'un outil qui, à certains égards, innove
dans le balisage des prédicats mais en même temps il n'y
a presque aucune régularité observable qui ne se trouve constamment
enfreinte à l'occasion. L'aspiration maximaliste qu'on peut
avoir en admirant la belle ordonnance de certains articles emblématiques
est constamment frustrée dès lors que l'impression première
de syntaxe récurrente est à tout moment prise en défaut.
Il est à la rigueur possible de faire une typologie des prédicats
(presque tous facultatifs par ailleurs) mais il faut dire d'emblée
que les modèles de récursivité successivement posés
sur le document ont toujours été régulièrement
mis en échec.
I/
LES GRANDES RÉGULARITÉS MACRO-STRUCTURELLES
O/ APERÇU GÉNÉRAL DE LA TYPOGRAPHIE
Nous renvoyons ici à une
page-type de ce répertoire
1/ UN RÉPERTOIRE
ALPHABÉTIQUE
- Le D.C. se présente
fondamentalement comme une série de commentaires métalinguistiques
classés. Le principe de succession est de type alphabétique,
sans entorse, hormis un ensemble d'additifs situés à la
fin du troisième volume (1).
- La typographie ordonne de
façon régulière la succession de ces commentaires
par un repérage liminaire: chaque vedette(2)
est visuellement bien isolée par un trait caractéristique:
elle est imprimée en capitales de corps moyen (3)
. La lettre initiale a exactement le même format que les lettres
subséquentes. Cette caractéristique est importante à
souligner car elle est distinctive. Ajoutons que c'est la seule. Par exemple
les modalités de passage à la ligne ou de retrait ne sont
pas particulières à la vedette, donc au changement d'article.
L'étude de cette succession de vedettes constitue une première
partie que nous appellerons examen de la macro-structure.
2/ EXAMEN DE LA MACROSTRUCTURE
Sur deux colonnes par page, le
discours métalexicographique se succède donc de façon
continue. Les seules sections sont constituées par les changements
de tome, de page, de colonnes ( tous purement contingents), les changements
de lettre et les changements d'article indiqués par l'impression
d'un ou plusieurs caractères en moyennes capitales romaines ou italiques.
2.1.
Typologie des vedettes
Les "intitulés d'article"
que nous appellerons désormais selon le vocable consacré
de "vedette" sont de trois types:
-les lettres de l'alphabet
constituent une liste limitée
-des lexies simples ou, rarement,
complexes de la langue représentent le stock majoritaire. Mots grammaticaux
ou mots lexicaux. On inclura dans cette section les composants de mots
, comme le préfixe ANTI qui constitue une entrée autonome.
-des chaînes de caractères
que le lexicographe tient à commenter pour des raisons essentiellement
phonético-graphiques. Ces dernières présentent la
caractéristique typographique originale d'être imprimées
en moyenne majuscule italique. Ainsi p. 9 la vedette ABLE
Pour les vedettes "mots", il arrive
de temps à autre qu'elles soient précédées
d'un astérisque qui note alors un mot non authentifié par
le bon usage.
A partir de maintenant, nous
n'allons traiter, pour la clarté de l'exposé, que des vedettes
"lexies", réservant la description intégrale des articles
"lettre" et "chaînes de caractères" à nos Parties II
et III.
Le D.C. groupe ou dégroupe,
de façon fort arbitraire, des adresses entre elles. En outre, dans
le cas fréquent d'articles à adresses multiples, le mot vedette
n'est pas forcément le primitif dont les autres adresses seraient
les dérivés. La plus grande anarchie règne à
cet égard, traduisant de la part du lexicographe une faible attention
à la rigueur morphologique et dérivationnelle de son oeuvre.
Exemple: ACADÉMICIEN,
ACADÉMÎE, ACADÉMIQUE, ACADÉMIQUEMENT, ACADÉMISTE
constituent quatre articles. Mais ADJUDICATAIRE et ADJUDICATION sont groupés.
Ailleurs AFFûT est traité seul tandis que ses dérivés
AFFUTAGE et AFFUTER sont regroupés dans un second article. La première
tendance, isolante, toujours représentée, coexiste avec la
seconde (qui semble gagner du terrain à mesure que le répertoire
avance).
Exemple 2: ASTROLOGIE &
ASTRONOMIE sont regroupés à cause de l'identité de
leur premier formant . DÉFONCER, DÉFORMER et DÉFOURNER
le sont pour la seule commodité de mettre en un seul article trois
verbes sur lesquels il y a peu à dire.
Exemple 3: l'article DÉFENDRE-DÉFENSE
est suivi d'un article DÉFENDU, lequel contient en Remarque toute
une série d'observations sur DÉFENSE!!
Conclusion: on peut trouver
en vedettes successives des mots de même famille lexicale, comme
on peut tout aussi bien voir cette relation d'appartenance représentée
par un regroupement, total ou partiel. Il ne semble pas qu'on puisse le
moins du monde discerner de facteurs théoriques qui déterminent
le choix entre des formules aussi variées. A l'évidence cette
"épicerie" lexicographique est le cadet des soucis de l'abbé
Féraud, par ailleurs fort circonspect sur d'autres chapitres. L'opportunité,
la présence d'esprit, la taille de l'article en cours, l'efficacité
rhétorique de l'article peuvent jouer en faveur de l'une ou l'autre
formule.
2.1.2. Syntaxe de la vedette-mot
Elle est du type suivant:
retrait + (*+espace) +
MOT + ponctuation
Note
relative à la reconnaissance des objets: on notera que le repérage
de la vedette se fait sans problème puisqu'elle dispose d'une typographie
spécifique. En outre la police italique spécifique aux vedettes
"chaînes de caractères" permet un sous-repérage appréciable.
Cette première observation
faite, nous entrons dans l'organisation de l'article proprement dit, c'est-à-dire
dans ce qu'il est convenu d'appeler la micro-structure.
3/ EXAMEN
DE LA MICROSTRUCTURE DES ARTICLES "MOTS"
Si la macro-structure présente
déjà des irrégularités, la microstructure présente
le caractère apparemment contradictoire d'une extrême liberté
doublée d'une efficacité indéniable qui repose sur
la coopération du lecteur. La règle de pertinence joue ici
pleinement: tendent à être omises les informations jugées
évidentes(4), même si par ailleurs
Féraud se montre très explicite sur certains points que ses
contemporains jugent parfois inutiles. Il est néanmoins possible
de diviser la microstructure d'un article "mot" en quatre composants de
base dont au moins deux sont nécessaires:
- le composant adresse, indispensable.
Il peut se réduire au seul énoncé de la vedette.
Les trois autres sont facultatifs
mais au moins l'un d'entre eux est nécessaire:
- un composant phonético-graphique.
Ce composant est régulièrement circonscrit par un couple
de disjoncteurs typographiques univoques, les crochets droits. Mais toute
information phonético-graphique n'est pas toujours ainsi balisée.
- un composant définitionnel,
lui aussi facultatif. Nous verrons plus bas que nous accordons ici au terme
définitionnel une extension large, conforme à l'étymologie:
tout ce qui se dit dans l'article , hormis le composant phonético-graphique,
et qui vise à spécifier les conditions restrictives de l'emploi
du signe est définitionnel. Y compris le commentaire des cacographies.
- un composant "renvoi" qui,
en l'absence des deux précédents, fait référence
à une autre entrée.
La structure de l'article "mot"
peut donc revêtir les formes suivantes:
composant
adresse + composant renvoi
composant
adresse + (composant phonético-graphique) + composant définitionnel
3.1. Le composant "adresse"
Relativement régulier
dans sa syntaxe, c'est la partie la plus stable de la micro-structure
3.1.1. Les objets
Rappelons que les adresses peuvent
être soit une lettre de l'alphabet (voir notre partie II, entièrement
consacrée à ces articles particuliers), soit une chaîne
de caractères ( Voir notre partie III pour l'étude de ces
articles) soit enfin une ou plusieurs lexies ou composants de lexie. Dans
ce dernier cas qui va nous occuper désormais, l'adresse, en cas
d'article simple, est suivie le plus souvent de sa catégorie grammaticale
(5) et éventuellement d'une indication
complémentaire de type morphologique ou distributionnel.
Cette structure simple est susceptible
de recevoir plusieurs élargissements:
- en amont de l'adresse, un
astérisque dont nous avons déjà indiqué la
fonction.
- en aval et avant la catégorisation
grammaticale, une forme fléchie ( le plus souvent tronquée
et réduite à la suffixation différentielle) et/ou
une variante graphique. La jonction dans ce dernier cas s'effectue le plus
souvent par ou éventuellement modalisé ( ou bien
mieux s.v. AFFRE)
ex. de cet élargissement à AFFLIGÉ
- dans le cas des adresses à
graphie discutable, il peut y avoir des compléments d'information;
par exemple la source peut s'y trouver mentionnée. Voir à
AGGRESSEUR pour une indication de source et à *ADVANCER pour une
qualification ( "vieille orthographe")
- la récurrence de la
même syntaxe pour une, voire plusieurs lexies regroupées.
ex. de cette boucle s.v. AFFUTAGE.
Ce dernier phénomène
crée donc des articles à plusieurs adresses. Or il s'ensuit
dans le traitement métalinguistique de ces objets une anarchie qui,
on le verra, s'ajoute à l'extrême liberté des enchaînements
(voir plus loin )
Résumé:
la syntaxe des adresses "mots" est donc la suivante:
(*) + MOT + (variante
de flexion) + (ou + variante graphique) + ( information graphique)
+ (indication et glose de provenance) + (catégorisation grammaticale)
+BOUCLE ( c'est-à-dire récurrence du même schéma)
3.1.2. Réalisation typographique du composant adresse.
Nous avons déjà
signalé que la vedette "mot" , qui est également la première
adresse de l'article, avait la réalisation suivante:
retrait + (* + espace) + MOT
en moyenne capitale romaine + (virgule)(6)
La suite du composant adresse est
la suivante:
+ (variante flexionnelle tronquée
en petite capitale romaine + virgule ) + ( ou + variante graphique à
initiale en moyenne capitale et suite en petite capitale + virgule ) +
( ou + variante morphologique à initiale en moyenne capitale et
suite en petite capitale + virgule) + catégorisation grammaticale
en minuscule romaine + espace + (adresse 2 à initiale en moyenne
capitale romaine et restant en petite capitale romaine + virgule + BOUCLE
Notes à propos de la
reconnaissance automatique des objets
1/ la typographie permet de repérer
les adresses, que celles-ci soient dans le composant "adresse" proprement
dit, voire dans le corps du composant définitionnel si le rappel
s'effectue en petite capitale(7). Mais il
ne faut pas perdre de vue que le rappel de l'adresse dans le corps d'un
article se fait également ( et concurremment) en italiques minuscules.
La récupération automatique n'est donc possible que dans
le composant adresse.
2/ Elle ne permet pas de distinguer les adresses
fléchies en tant que telles. Pour être isolables, ellesdoivent
être balisées "manuellement".
3/ Il ne serait pas très difficile
de baliser, si nécessaire, les catégorisations grammaticales
qui sont en nombre limité et le plus souvent abrégées
de façon uniforme.
REMARQUES GÉNÉRALES
DE TYPE TYPOGRAPHIQUE POUR LES COMPOSANTS SUBSÉQUENTS:
les disjoncteurs dans le
Dictionaire critique
O/ Nous appellons disjoncteur tout procédé typographique
qui balise, c'est-à-dire isole, les différents prédicats
métalinguistiques de l'article les uns par rapport aux autres.
I/ Le D.C. utilise d'une
façon peu hiérarchisée et parfois cumulable les disjoncteurs
suivants:
-passage à la ligne
+ retrait.
Ce disjoncteur n'apporte aucune
information spécifique sur les contenus en présence.
-trait ou double trait de disjonction.
Ces disjoncteurs sont également
sans contenu informatif sur les contenus en présence.
-appareil numérique
romain
Il est rare
-appareil numérique
arabe.
Ces deux appareils annoncent normalement
des contenus parallèles(8), tous
rattachés à un même noeud hiérarchique, en principe
l'adresse ou un marqueur de remarque.
-rappel d'une adresse dans
son format typographique initial ou en minuscule italique.
Ce disjoncteur ne fait qu'indiquer
ou rappeler sur quel signe porte le discours métalinguistique subséquent
mais n'en annonce pas la teneur. Il ne présuppose même pas
qu'on passe au traitement d'une nouvelle adresse.
-marqueur REM ou Rem., en romain
ou en italique.
Ce disjoncteur signale normalement
un contenu proportionnellement subordonné. C'est tout ce qu'il présuppose.
- crochets droits [
et ].
Ces disjoncteurs sont les seuls
qui soient vraiment monosémiques. Il signifient à la fois
"disjonction" et "ouverture/fermeture d'un composant phonético-graphique".
Ce disjoncteur, comme le crochet
droit, est monosémique puisqu'il annonce en aval un exemple. Mais
attention, Féraud n'utilise ce signe que pour ouvrir l'exemple.
En revanche, rien ne le ferme.
II/ Cumul
- En général
le crochet droit ouvrant n'est jamais en contiguïté avec un
autre disjoncteur. En revanche
- les passages à la
ligne/retrait coexistent avec l'appareil numérique, les marqueurs
REM ou le Rappel d'adresse.
- Les traits de disjonction
redoublent l'appareil alpha-numérique par moments. Voir ACCOMPLIR
et ACCORDER.
- Le rappel de l'adresse s'accompagne
parfois du trait de disjonction simple ou double.
III/Hiérarchisation
- Il n'est pas possible d'assigner
de poids disjonctif strictement hiérarchisé à ces
disjoncteurs. Si la coprésence du trait simple et du trait double
confère contextuellement un poids disjonctif plus fort au second,
cet attribut est purement conjoncturel(9).
On peut toutefois signaler
- que l'appareil numérique
romain, plutôt rare, domine l'appareil arabe lorsqu'ils sont en coprésence.
- que le passage à la
ligne/retrait sans autre disjoncteur cumulé a un poids disjonctif
virtuellement égal à un trait de disjonction simple ou double.
Seule la coprésence peut indiquer des relations hiérarchiques
que le lecteur doit construire. Elles ne sont pas dans les signes.
Cette observation est importante:
elle indique clairement que le discours lexicographique de l'abbé
Féraud est, après le constituant phonético-graphique
que lui-même balise, relativement "plat", c'est-à-dire non
arborescent ou non hiérarchisé. Il s'apparente davantage
à une collection d'observations concaténées. Certes
des disjoncteurs existent, ils présentent parfois des relations
hiérarchiques perceptibles par le lecteur mais ces relations
sont contextuelles et, comme telles, n'offrent pas de repère automatisable
sur l'ensemble du répertoire.
Corollaire: la notion de portée
d'un indicateur, développée dans la contribution de Jacques
Dendien au Rapport préalable pour l'informatisation du Trésor
de la langue française, est malheureusement inapplicable. Son
intéressante distinction entre des objets de classe 1, qui en influencent
d'autres, et des objets de classe 2, qui sont influencés, est sans
validité à la date de ce rapport (10)
pour le D.C. C'est donc par des requêtes de cooccurrence plus
aléatoires que des relations pourront être effectuées
entre par exemple des indicateurs et des objets.
3.2. Le composant phonético-graphique
Présent ou absent, long
ou bref, parfois bizarrement placé, ce composant, le plus souvent
isolé en amont et en aval par des crochets droits, constitue une
innovation tout à fait admirable dans l'histoire de la lexicographie
française. C'est pour être utile aux étrangers et aux
provinciaux que Féraud l'a adjoint.
3.2.1. Les objets
Précisons ici que nous allons analyser
le composant circonscrit par des crochets droits, tout en sachant pertinemment
que les remarques phonético-graphiques débordent parfois
ce cadre, en amont dans le composant adresse, en aval ici et là
dans la suite de l'article ( voir e.g. APAISER, APERCEVOIR, APETISSEMENT
et APOZèME; dans ce dernier cas, une remarque graphique se trouve
à la fin de l'article) et qu'il peut y avoir des considérations
non phonético-graphiques entre les crochets droits comme à
DARD.
Les objets isolables dans ce constituant
sont principalement mais non exclusivement
- une ou plusieurs transcriptions
"figurées" des adresses, c'est-à-dire une ébauche
encore maladroite de transcription phonétique.
- des indications normatives
de type phonétique ou prosodique ( timbre ou longueur des voyelles
par exemple)
- des remarques sur la graphie:
inadéquation de la graphie reçue, graphies erronées
ou douteuses avec éventuellement leur provenance.
- des remarques sur des prononciations
en variation, douteuses ou fausses avec éventuellement leur provenance.
- parfois des contenus non
phonético-graphiques.
3.2.2. Sa position et sa configuration externe sont malheureusement assez
erratiques:
-il est fréquemment
absent.
-il arrive, fort rarement il
est vrai, qu'il ne suive pas directement le composant adresse comme à
ACCOUTREMENT où une brève définition s'intercale.
-le balisage par les crochets
n'est pas universel. Parfois l'un manque. Parfois il y a des informations
phonético-graphiques sans marquage.
3.2.3. L'ordre de succession interne est sujet à variation.
- Si la tentative de transcription
figurée débute assez souvent ce composant (lorsqu'elle
figure), ce n'est pas systématique. Voir ACQUÉREUR
- En général
les remarques de type phonético-prosodique (lorsqu'il y en a) suivent
la transcription figurée mais là encore on voit la syntaxe
contraire, comme à ACQUÉREUR, ANTÉRIEUREMENT ou APOZÈME.
- Ensuite des informations
ou discussions sur la prononciation ou la graphie peuvent éventuellement
venir le gonfler.
-
Voir ÂGE pour une information
complémentaire d'histoire de la graphie.
-
Voir AGRAFE pour l'indication critique
d'une variante graphique qui n'apparaît pas en adresse.
-
Parfois, comme à APOSTÈME,
une discussion sur les variantes graphiques débute l'article. Le
composant entre crochets droits survient ensuite avec les seules indications
phonétiques.
-
Parfois, enfin, des considérations
étrangères au contenu attendu apparaissent.
Ce constituant est donc une
initiative heureuse mais sa mise en application est constamment irrégulière.
On ne peut donc, à cet endroit parler que d'une syntaxe "canonique"
qui est la suivante:
(transcription figurée
introduite ou non) + ( transcription tronquée de l'adresse fléchie
) + ( transcription figurée de l'adresse 2) + (remarque(s) phonétique(s))
+ (remarque(s) graphique(s)) + (remarques étrangères au propos)
mais cette syntaxe, pour être
assez générale, est constamment enfreinte çà
et là; notamment les deux premiers objets, transcriptions et remarques
phonétiques, peuvent être intervertis. Voir APAISER ou ARCHEVÊCHÉ
3.2.4. Réalisation typographique du composant phonético-graphique
En dehors des crochets droits,
il est possible d'indiquer les régularités suivantes:
- les transcriptions figurées
sont en minuscule italique de corps moyen. Des traits d'union servent à
mieux indiquer la bonne syllabation du mot.
- les caractères d'imprimerie
constitutifs du mot graphique, lorsqu'ils sont commentés, sont en
minuscule italique.
- les graphies concurrentes
sont également en italique.
- le reste est en romain minuscule
de corps moyen.
- comme ailleurs dans l'article,
les sources citées peuvent l'être en minuscule italique
de corps moyen : Trév. Acad.
- les indications de type phonético-prosodiques
font largement appel à l'abréviation : lon., dout. br. pour
la quantité, fer., moy., ouv., muet pour le timbre vocalique; 1e,
2d,3e etc pour noter la voyelle concernée.
Notes sur la reconnaissance automatique
d'objets
- A l'intérieur d'un composant bien
balisé par Féraud, il serait tentant d'utiliser l'italique
comme repère automatique. Malheureusement les objets en italique
y sont très divers: transcription figurée, lettre(s) commentée(s)
pour la corrélation phonético-graphique, autre graphie alternative
mais aussi, comme à BRASSARD, indications de référence:
[Le d ne se prononce pas; et Richelet
ne l'écrit point: on l'a restitué dans le Rich.Port.
Trév. met brassard ou brassart.]
- En codant les autorités systématiquement
dans toutes les parties de l'article, il est peut-être possible de
récupérer alors, mais avec du bruit inévitable, les
séquences phonético-graphiques, c'est-à-dire tantôt
-
les transcrition figurées, orientées
vers la phonétique
-
les chaînes orthographiques commentées
pour une corrélation problématique avec la prononciation
-
les chaînes purement graphiques, objet
par exemple d'un commentaire orthographique
ce résidu est encore fort hétérogène.
3.3. Le composant définitionnel
3.3.0. Considérations générales
Ce terme de "composant définitionnel"
nécessite un éclaircissement préliminaire puisque,
dans notre esprit, il y a composant définitionnel même sans
définition au sens commun du terme.
Nous appellerons discours définitionnel
tout commentaire qui vise à délimiter d'une manière
ou d'une autre les conditions de validité d'emploi d'un signe linguistique.
En ce sens un article sans définition mais qui contient l'énoncé
d'une ou plusieurs marques d'usage est définitionnel. Voir à
ACCOURIR où le lexicographe se prononce uniquement sur l'auxiliaire
et sur la distribution post-verbale.
Passé le constituant adresse
et le constituant phonético-graphique, s'il y en a, le restant de
l'article constitue en effet une masse indivisible que nous nommons "composant
définitionnel" de l'article. Et c'est le caractère chaotique
de cette partie qui nous a conduits à cette position minimaliste:
à cause de la fonction compilatoire et critique du répertoire
( voir notre PRÉAMBULE), la plus grande liberté s'observe
en effet à ce niveau. En particulier:
- l'appareil définitionnel
classique, accompagné ou pas d'exemples est facultatif.
- la codification et la place
des marques d'usage sont encore très vacillantes. Féraud
tient souvent un discours entièrement rédigé dans
lequel les réalisations discursives d'une même marque d'usage
peuvent varier. Des cas de discontinuité et d'amalgame sont fréquents.
- les disjoncteurs, comme on
l'a signalé plus haut, ne sont pas porteurs d'information monosémique
sauf les guillemets si on les considère comme tels (11).
En outre leur capacité hiérarchisante est faible.
- la syntaxe des contenus,
c'est-à-dire leur ordre d'apparition dans l'article, est presque
complètement libre.
Note sur la reconnaissance automatique des
objets dans le composant définitionnel
Deux objets peuvent être repérés
par la typographie:
- les citations en vers
qui sont en retrait et en corps petit
- les rappels d'adresse
ou les renvois lorsqu'ils sont en
majuscule romaine de corps petit
- En outre, un objet peut
être partiellement isolé lorsque Féraud est conséquent:
le commencement des exemples ( en dehors des vers déjà cités)
est balisé par des guillemets. Mais en l'absence de guillemets fermants,
c'est un chercheur qui doit fermer l'exemple car en bien des cas la clôture
n'est pas évidente(12). D'autre
part des énoncés à statut d'exemple ne sont pas balisés
par les guillemets. On peut se demander s'il faut alors suppléer
la "négligence " de l'auteur ou du prote. C'est très dangereux.
Nous ne saurions nous y prêter sans réticence.
3.3.1. Les objets
Comme
on peut s'y attendre, les indications, souvent très fines, sont
de nature fort variée: en dehors de l'appareil définitionnel
proprement dit, qui constitue souvent le coeur du discours, on peut trouver
le spectre de contenus suivant:
- indication de source
- variante graphique, éventuellement
référencée, éventuellement critiquée
- variante morpho-phonétique,
éventuellement référencée, éventuellement
critiquée
- marques d'usage relative
au mot, ou à telle distribution-sens ( indicateur de domaine, de
fréquence, de sociolecte ou de dialecte, de niveau de langue, de
genre, de portée pragmatique etc.)
- cacologie critiquée
- indication du processus générateur
d'une acception seconde ( au figuré, par extension s.v. BOUTON,
plus figurément encôre sv BOUTONÉ)
- compilation ou rédaction
d'un discours synonymique
- parfois, assez rarement,
indication étymologique
- éclaircissement sur
le sens des tournures lexicalisées
- mention, critiquée
ou pas, de l'avis d'un prédécesseur sur tel ou tel des contenus
ci-dessus
- discours idéologique
ou encyclopédique ( assez rare mais loin d'être inexistant)
Le tout complété
par des exemples pris dans le bon usage ou les mauvais usages; référencés
ou forgés; glosés ou pas. Tous ces contenus n'offrent pratiquement
pas de présentation uniforme. La codification des abréviations
est faible. Coexistent par conséquent plusieurs formes graphiques
d'un même mot, descripteur grammatical ou nom propre d'autorité.
Enfin pratiquement tous ces contenus sont susceptibles d'apparaître
avec un marqueur 'Rem.' ou 'REM.' sans que ce marqueur indique pour
autant un contenu plus nettement subordonné qu'un autre.
3.3.2. Syntaxe
Avant d'évoquer la question
cruciale de la syntaxe, une première remarque s'impose: les mots
en adresse ne sont même pas toujours traités dans l'ordre
annoncé (13). D'autre part
la formule d'un tronc commun descriptif, complété par des
indications spécifiques à chaque adresse, coexiste avec des
développements autonomes, même s'ils font souvent appel à
une lecture anaphorique partielle(14).
Cela mis
à part , ce qui caractérise à l'extrême ce composant,
c'est qu'il n'y a ni passage obligé par certains contenus cardinaux
ni syntaxe prédictible de ceux-ci les uns par rapport aux autre.
Certes on peut tracer les contours d'un article-type. Mais il s'agit d'une
abstraction qui ne repose que sur les régularités les plus
fréquemment observées.
Ainsi un article doté
d'un appareil définitionnel peut très bien débuter,
après l'éventuel composant phonético-graphique, par
une remarque. C'est par exemple le cas à APPRENTI où une
remarque sur les anciennes variantes graphiques prend 18 lignes avant que
n'intervienne la partie définitionnelle qui, au total, en fait 6.
Aussi ce paragraphe est-il, par
la force des choses, d'un grand laconisme : nous nous sommes expliqués
en détail sur cette question embarrassante dans une communication
au titre éloquent: Peut-on relever informatiquement un texte
structuralement couché? Selon nous toute modélisation
qui viserait à
- isoler
les objets les uns des autres de façon discrète et leur conférer
un label de contenu à chacun
- définir
la portée de certains d'entre eux sur d'autres, c'est-à-dire
- les regrouper
dans une arborescence qui rende compte de leurs emboitements hiérarchiques
est vouée à l'échec
ou à l'approximation simplificatrice, donc à l'infidélité.
3.4. Le
composant renvoi
Ce composant est le plus simple
des quatre : comme nous le disions plus haut, il n'apparaît en tant
que tel que lorsque les deux précédents composants sont vides:
l'article se borne alors une opération de renvoi à une autre
entrée. Il se réalise de la façon suivante: après
la virgule qui clôt le composant adresse, on trouve le plus souvent
ceci:
Xxxxx étant une entrée
du dictionnaire , avec la typographie caractéristique des adresses.
II/ Les articles prosodiques
III/ Les articles "lettres"
1.
Nous laissons pour le moment de côté la question épineuse
du Suplément manuscrit dont Geneviève Seguin a montré
déjà la fusion difficile
2.
La vedette est en principe une chaîne de caractères et une
seule. Exceptionnellement il arrive que deux chaînes de caractères
se suivent avec les mêmes caractéristiques typographiques
( article CANTATE CANTATILLE
3.
Il existe évidemment des exceptions notables à cette règle
néanmoins très générale
4.
Un bon exemple est donné à *APOTHICAIRESSE dont la définition
n'est pas donnée, du fait des articles précédents
(APOTHICAIRE et APOTHICAIRERIE) et qui débute par une marque d'usage:
"Il ne se dit que dans les Couvens de filles, et dans les Hôpitaux
où il y a des Soeurs pour le service.. A
APPAREILLER, Féraud oublie de donner le sens technique du verbe
et se contente d'énoncer à son sujet une restriction distributionnelle:
En termes de Marine, il est neutre...
5.
Parfois cette information manque. Voir à APANAGER.
6.
La virgule est la ponctuation la plus générale. Le point
peut la remplacer ( voir APPESANTIR ou APOINTEMENT). Désormais l'attribut
virgule leur servira de vocable générique.
7.
Rappelons que ce rappel d'adresse peut tout aussi bien se faire en italique
minuscule
8.
L'article APPARENCE en donne un intéressant contre-exemple. L'article
débute par un 1 qui est une définition. Le 2 ferait donc
attendre une deuxième acception. Or c'est d'une tournure semi-figée
qu'il s'agit il y a aparence que. Le 3 continuent sur cette lancée
avec le traitement sémantique de deux autres tournures semi-figées:
quelle aparence de et il n'y a pas d'aparence de
9.
Dans deux articles voisins, APERCEVOIR et APETISSEMENT, qui débutent
tous deux par une discussion sur les pratiques graphiques, le passage à
la définition est annoncé par un double trait pour le premier
et un trait simple pour le second.
10.
11.
les indications numériques peuvent ainsi annoncer des acceptions
mais aussi une série de remarques
12. Donner
ici quelques exemples qui montreraient des relais difficilement décelables
entre l'exemple et la reprise du discours lexicographique
13. Voir
par exemple à BRACONER
14. Citer
ici des exemples de formules a/ canoniques où les adresses sont
traitées dans l'ordre b/ interverties c/ à tronc commun
15. Ce mot
est ici une approximation car la série numérique donne une
impression erronée de parallélisme. On ne peut donc pas dire
que cet appareil disjonctif annonce toujours une série d'acceptions